Séparation / Divorce Mémoire blessée, mémoire qui efface?

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Photographie : Frans Van Dun

Dans un ouvrage intitulé Aimer, perdre et grandir (éditions Novalis, 2004), Jean Montbourquette, prêtre oblat et psychologue spécialiste du deuil, présente les similitudes et les différences entre la perte d’un être aimé que la mort a emporté et la perte d’un être vivant vécue par divorce ou séparation. Dans les deux cas, la perte cause une profonde fracture dont on ne se remet pas aisément. Il en faut du temps pour cicatriser les plaies vives d’un deuil.

Si le décès crée une perte cruelle, définitive et irréversible, explique Montbourquette, le divorce – particulièrement s’il implique des enfants – force les ex-époux à se voir, les force à communiquer et à négocier malgré la colère qui gronde ou la tristesse qui les habite toujours et les transactions se multiplient en dépit de ce besoin viscéral qui s’impose en situation de crise amoureuse : prendre ses distances, voire couper franchement les ponts avec l’autre, cet ex qu’on tient responsable de tous les maux.

Faire équipe pour les enfants, quand la seule chose qu’on voudrait c’est tirer un trait définitif sur le passé, repartir à zéro, « refaire » sa vie avec quelqu’un d’autre quand on est habité par un besoin impérieux de voir son ex s’éclipser à tout jamais, c’est tout un contrat. Il faut pourtant s’y atteler, car rejeter son ex-conjoint, le diaboliser ou le critiquer indûment, caricaturer ses années de mariage en ne retenant que le négatif, se représenter tout le passé conjugal comme une sorte de « Grande Noirceur », ça revient à nier l’autre, à nier les années d’union, y compris dans leurs dimensions joyeuses et positives dont les interactions communes avec les enfants ont fait partie.

Montbourquette écrit qu’à la mort d’un conjoint, « on a tendance à idéaliser les qualités du défunt ainsi que les beaux moments vécus ensemble », alors qu’après une séparation, on est plutôt porté, au contraire, à « surfaire les défauts de l’ex et à se remémorer les moments pénibles de la vie commune » (Aimer, perdre et grandir, p.19). Voilà qui est intéressant. Amplifier les défauts de l’autre, formuler des critiques et des reproches à n’en plus finir, monter le ton, durcir la voix, ruminer de sombres souvenirs s’avère donc un réflexe normal ; sortant d’une séparation douloureuse, on a la mémoire blessée. Gravement blessée.

Ceci dit, le danger, me semble-t-il, c’est d’en arriver à faire son nouveau nid dans une sorte de mépris du passé. Le danger, c’est de feuilleter strictement les pages noires des années partagées au point d’en oublier les pages honorables et les souvenirs heureux. Au point d’avoir honte de ce que l’on a été. Le danger, s’il en est un, quand la mémoire blessée nous aveugle, quand elle sape en nous toute forme de bienveillance ou de gratitude envers notre ex-partenaire de vie qui reste pourtant le co-parent de nos enfants, le danger quand la mémoire blessée prend toute la place, c’est le reniement de soi. Impossible alors -et c’est là un bien étrange paradoxe -d’aller de l’avant, d’avancer comme on l’espère tant. Nous voilà ralentis, fragilisés parce qu’affublés de ce qu’on pourrait  désigner comme une « part manquante » (l’expression est de Christian Bobin) en soi, c’est-à-dire au coeur de notre identité.

On s’entend pour dire qu’il importe d’offrir une famille aux enfants malgré la séparation. Après tout, ils n’y sont pour rien et ont besoin, pour grandir en paix, que leurs parents se concertent, coopèrent et retrouvent l’équilibre. Comment y parvenir? Ce n’est pas une mince affaire quand on constate que chaque interaction entre les parents « a pour effet de raviver la plaie qui était en train de cicatriser » (Aimer, perdre et grandir, p. 18).

L’historien Éric Bédard, récemment interrogé dans le cadre de l’émission Église en sortie sur le thème de la guérison de la mémoire m’a lancée, sans le savoir, sur une piste de réponse. Dans l’entretien auquel je fais référence, la réflexion de l’historien n’a rien à voir avec les suites d’un divorce. Enfin si, mais indirectement (ou symboliquement?) et d’un point de vue collectif plutôt qu’individuel, car le « divorce » dont il est question, celui des Québécois avec l’Église catholique, a lui aussi engendré une sérieuse « fracture ». Lorsque l’animateur d’Église en sortie, Francis Denis, demande à Éric Bédard « Comment sortir de l’impasse [dans laquelle les Québécois se trouvent]? », voici la réponse que l’historien fournit :

 » Pour sortir de l’impasse, il faut se donner le droit d’inventaire. Si on veut avoir un rapport plus sain avec le passé – notamment catholique- il faut savoir distinguer le bon grain de l’ivraie et reconnaître qu’il y a une part sombre mais qu’il y a peut-être une part lumineuse [dans notre héritage catholique ] et qu’elle peut nous inspirer aujourd’hui.  »  (Église en sortie, 23 septembre 2016)

Je ne veux surtout pas dénaturer les propos d’Éric Bédard, mais il me semble que l’ensemble de sa réflexion sur le rapport des Québécois à leur passé catholique se transpose dans la sphère privée et peut, dans un tout autre contexte qui est celui d’une fracture entre deux ex-époux, alimenter notre réflexion de parents. Ainsi, après l’avoir écouté, il me paraît d’autant plus indispensable, si l’on souhaite faire équipe avec notre ex-conjoint dans l’éducation des enfants, de travailler à bâtir une « mémoire renouvelée » en prenant conscience du besoin de continuité des enfants.

On l’a compris, une « mémoire blessée » empêche de voir le positif. Elle efface les souvenirs heureux passés ou du moins réduit l’accès aux pages lumineuses de la famille unie que nous formions avant la séparation. Or pour se forger une identité solide, les enfants doivent connaître et assumer leurs racines, comprendre leur héritage et surtout avoir facilement accès aux pages heureuses de leur histoire familiale. Ils doivent pouvoir parler librement du passé en présence de leurs deux parents (pas seulement en alternance avec l’un, puis avec l’autre) et questionner sans peur l’époque où leurs parents formaient un couple heureux. Je me souviens avoir reçu, peu de temps après ma séparation, une question fort touchante qui allait en ce sens : « Maman, je sais que papa et toi vous n’êtes plus des amoureux… Mais est-ce que quand vous m’avez fait, vous vous aimiez?  » Autrement dit, suis-je un enfant désiré et conçu dans l’amour? Question légitime, s’il en est une…

En terminant, je reviens à la réflexion d’Éric Bédard (source d’inspiration de cet article) qui nous explique qu’on peut rejeter le passé, qu’on peut l’interroger mais qu’on peut aussi procéder à un inventaire de notre héritage passé en visant l’équilibre entre les pages sombres et les pages honorables.

C’est à partir de ce nouvel inventaire qu’on peut espérer réparer la fracture d’un divorce, envisager une suite à notre famille pour le bonheur de nos enfants, mais aussi et surtout pour nous-même. Car l’harmonie intérieure passe par la conscience d’une certaine continuité.

***

N.B. Vous aurez compris, chers lecteurs, que je n’ai pas voulu m’approprier les idées d’Éric Bédard sur la guérison de la mémoire. J’ai simplement tenté de les intégrer en me demandant si sa réflexion pouvait nourrir le cheminement de parents qui, comme moi, travaillent à guérir leur  » mémoire blessée ».  C’est pourquoi je vous invite à écouter l’entretien qu’il a donné à l’émission Église en sortie. Vous serez à même de rendre à César ce qui appartient à César.

Au plaisir d’en discuter avec vous!

Aïcha

Reférences

MONTBOURQUETTE, Jean. Aimer, perdre et grandir, éditions Novalis, Montréal, 2004, 165 pages.

BÉDARD, Éric. Entretien sur l’histoire de l’Église catholique au Québec, troisième partie de l’émission Église en sortie, épisode du 23 septembre 2016.

https://www.youtube.com/watch?v=A6mtSnRalu8

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Lettre ouverte à mes enfants

Mes ADOrables,

 

Les années passent et je vous regarde aller avec la plus grande satisfaction!

Fiston, tu as fait ton entrée à l’école secondaire la tête haute, confiant et décidé à réussir.

Fifille, tu continues de rayonner à l’école alternative où tu nages comme un poisson dans l’eau, entourée d’amis et d’adultes sincères et animés de projets stimulants. Tu te prépares aussi à prendre le grand virage de l’école secondaire. Tu y es presque!

J’ai cette chance inouïe d’avoir des enfants épanouis, intelligents et en bonne santé.

Je suis choyée. Gratitude.

Mais je vais vous dire mes beaux trésors, j’ai surtout la chance d’avoir des enfants qui se taquinent et jouent ensemble, s’entraident et s’encouragent.

J’ai la chance d’avoir des enfants qui s’aiment.

Je reprends ici les paroles d’une chanson d’Yves Duteil que j’aime beaucoup:

Je vous aime

De vous aimer si fort

D’être tout à la fois

Et la soif et la source

Votre amour m’éclabousse

Et m’entraîne avec lui

Dans vos îles aux trésors

 

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Ce que j’ai envie de vous dire ce matin, c’est qu’il n’y a pas plus beau cadeau pour un parent que de voir ses enfants s’aimer.

 

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Chaque fois que vous riez ensemble, complices

Chaque fois que l’un de vous offre son aide à l’autre

Chaque fois que vous vous montrez solidaires dans les moments difficiles ou que vous vous défendez l’un l’autre

Chaque fois que vous vous concertez en secret pour m’adresser une demande avec plus de force

Chaque fois que vous choisissez le pardon plutôt que la rancune ou la colère durable

Chaque fois que l’un demande conseil à l’autre

Chaque fois que l’un conseille l’autre

Chaque fois que vous vous chamaillez gentiment

Chaque fois que vous vous concertez pour me faire… une surprise (un petit déjeuner au lit ou un massage à quatre mains)!

Chaque fois que vous vous encouragez dans vos loisirs

Chaque fois que vous célébrez vos réussites mutuelles,

Chaque fois que vous vous soutenez dans les moments de peine, d’impuissance ou de déception

Chaque fois

C’est le plus beau et le plus universel des cadeaux.

Je vous souhaite de garder cette relation tendre et vivante pour toujours; elle vous protégera de la solitude, de la peur et des coups durs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dix bonnes raisons de remercier les entraîneurs de nos enfants

 

Il y a du plaisir à rencontrer les yeux de celui à qui l’on vient de donner. 

Jean La Bruyère 

L’été tire à sa fin, la rentrée scolaire bat son plein, le moment est venu de tourner la page sur les vacances et les belles activités estivales de nos enfants. Bien souvent, ces activités se terminent par une petite rencontre amicale autour d’un léger repas, d’une crème glacée, d’un feu de camp ou d’une piscine. C’est l’occasion de se dire au revoir, mais surtout de remercier tous ces parents-entraîneurs qui, de près ou de loin, se sont engagés sans compter auprès de nos enfants.

Cette année, fifille a choisi le soccer et fiston le baseball. Comme vous, j’en ai passé des heures à les conduire à leurs pratiques ou à leurs matchs (les terrains n’étaient pas toujours à la porte et des soirées entières y sont passées), à les encourager dans les meilleurs… et les moins bons moments, tantôt sous un soleil de plomb, tantôt sous la pluie.  Les conditions météo n’étaient pas toujours optimales…

les-entraineurs14086414_10154007592574037_5293058758556325647_oÀ l’arrière-plan, nos parents-entraîneurs veillent au grain         Photo : Caroline Mireault

Comme toujours, j’en ai retiré de la fierté, beaucoup de plaisir, ET en même temps… je dois avouer qu’il m’est arrivé de trouver ça demandant de les accompagner. Alors quand je pense à toutes ces heures investies bénévolement par les entraîneurs de mes enfants (et leurs précieux assistants), une bouffée de gratitude m’envahit. C’est bien simple, si j’en avais les moyens, je leur offrirais une semaine de vacances pour la destination de leur choix! Vous conviendrez avec moi qu’un tel répit serait largement mérité! Or les entraîneurs se contentent le plus souvent d’une chaleureuse poignée de main…

Je ne sais pas ce qui motive ces indispensables bénévoles, hommes ou femmes, jeunes et moins jeunes. L’envie  de tisser des liens? De transmettre des connaissances? De redonner aux jeunes ce qu’ils ont reçu de leurs propres entraîneurs?

 Quoi d’autre?

Prenons-nous seulement le temps de découvrir ce qui les incite à s’impliquer avec autant de générosité?

En cette fin de saison, j’aimerais remercier tout spécialement François Paquin, coach de baseball et ses précieux assistants: Jean-François, Daniel et Stéphane.

Ma reconnaissance va également à Sébastien St-Amant, coach de soccer et à ses deux bras droits : Éric et Isabelle.

Grâce à vous, mes enfants…

  1. … se sont bien amusés cet été
  2. … ont fait des apprentissages techniques
  3. … ont développé leur esprit d’équipe
  4. … ont tissé de belles amitiés
  5. … ont appris à perdre et à gagner, toujours la tête haute
  6. … ont forgé leur caractère
  7. … ont testé leurs limites
  8. … ont passé moins de temps devant les maudits écrans
  9. … ont encouragé les commerces de crème glacée
  10. … ont des chances de devenir entraîneurs à leur tour!

Pour toutes ces raisons, je vous REMERCIE.

Vos valeurs de gratuité et de responsabilité me touchent.

Et votre sens de l’engagement m’inspire.

Une communauté vivante est une communauté qui grouille de bénévoles.

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Les Jays de L’Assomption et leur équipe d’entraîneurs à l’issue des championnats provinciaux     Photo: Aïcha Van Dun

***

L’action bénévole en chiffres

Sur le site du Réseau de l’Action Bénévole du Québec  (www.rabq.ca ), on trouve toutes sortes de statistiques impressionnantes, dont celles-ci:

  • Annuellement au Québec (cette statistique remonte à 2010), plus de 2,4 millions de Québécois âgés de 15 ans et plus réalisent du bénévolat. 
  • Les bénévoles québécois ont contribué, au cours de l’année 2009, pour 385 millions d’heures auprès d’organismes de différents secteurs ; culture et loisirs, services sociaux, santé, religion, environnement et développement, etc.
  • Une estimation de la valeur des heures de bénévolat réalisées au Québec et qui seraient rémunérées au salaire moyen versé au sein des organismes communautaires  représenterait 7 milliards de dollars.

 

Amis lecteurs, je vous invite à envoyer cet article à vos entraîneurs, en guise de reconnaissance. La gratification fait toujours chaud au coeur, sans compter qu’elle incite les bénévoles à poursuivre leur implication!

L’exercice proposé par mon grand-papa (par Malorie Harvey, 11 ans)

Écrire à partir d’une photo, voilà le mandat que m’a lancé mon grand-papa. Et c’est avec plaisir que je le relève aujourd’hui même, à exactement 8 h 39.

«Est-ce possible de m’envoyer quelques lignes (non, pas un roman) pour exprimer ce que cette photo évoque de toi?» a-t-il écrit dans ma messagerie. Je lui ai répondu, pas plus tard qu’hier: «Oui!» Pour moi, ce n’était qu’un petit service que je lui rendais. Mais c’est envoyant la fameuse photo que j’ai cessé de me vanter. Ce «service» comme je le pensais avec prétention, s’avérait plutôt un défi…

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Je dois dire que cette photo est magnifique. La douce mousse qui s’étend dans les coins et recoins de l’arbre, les racines éclairées par la lumière et la majestueuse pousse verte à la gauche de l’objectif sont magiques.

Photo: Grand-papa Frans 

Je veux dire par «magiques» que la nature de la photo est tout simplement impressionnante. Presque impossible. Mais ça m’étonnerait que mon grand-père ait abusé de photoshop pour réaliser cette photo! Peut-être un peu pour masquer les défauts les plus importants, mais sans plus. Plus j’observe la photo, plus je me pose des questions. Serait-ce beau avec un insecte, comme une petite bande de fourmis par-ci par là… ou une fleur à la toute pointe de la plante… Manque-t-il quelque chose… Mais mes questionnements mènent toujours à la même réponse : «Non, Malo. C’est photo est juste parfaite.» Et c’est vrai.

Ce qu’elle m’inspire? Je ne sais pas trop. Rien ne me vient en tête à l’instant. Mais le fond m’intrigue de plus en plus. J’imagine que cet arbre est un arbre parmi d’autres. Une vraie forêt enchantée! Ou alors un simple rondeau ou une minuscule herbe pousse. Oh! Ou même le début du célèbre haricot magique!

C’est drôle que le simple petit coin gauche où l’on voit le fond de la photographie m’inspire tant alors que la lumineuse et rayonnante plante qui attire directement nos yeux ne m’amine pas du tout. Peut-être que c’est le fait de pouvoir tout imaginer à ma façon que j’aime. Que le simple fait de devoir compléter une image à la place de la créer ne m’attire par particulièrement. J’arrive à ajouter, mais pas à compléter.

Maintenant que j’achève mon texte, cela me paraît étrange d’avoir écrit tant de lignes pour une simple photo… Mais je ne me serais pas tant questionnées si mon grand-père ne m’avait pas lancé ce défi! J’ai tout de même pris un malin plaisir à coucher mon inspiration sur le clavier!

Alors, grand-papa? Cet article est réussi… ou pas?

Malorie 😉

 

 

 

Les portes tournantes du sexe et de l’amour

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Photo : Frans Van Dun

« Ce n’est peut-être que par l’amour que l’on revisite notre capacité d’aimer.» 

Hélène Dorion

Ce matin, j’ai une pensée pour tous les parents séparés de mon entourage et spécialement pour les mamans en qui je me suis souvent reconnue, au cours des deux dernières années…

Grande soeur chérie, proches amies, inspirantes collègues, amies de mes amies, connaissances lointaines… je vous ai observées, je vous ai écoutées et avec vous, bien souvent, je me suis interrogée.

Hier soir, je suis tombée sur cette phrase d’un certain Pascal Obispo – «Où est l’amour qu’on nous avait promis?»  – et j’ai pensé amoureusement, je ne suis décidément plus la même.  

En quoi sommes-nous différentes après la séparation du père de nos enfants (ou de leur deuxième mère, c’est selon…)? Qu’est-ce qui a changé? Où sont passées les jeunes femmes qui s’abandonnaient librement au sentiment amoureux?  Pourquoi sommes-nous devenues si tristement réalistes, prudentes, pragmatiques, réfléchies et suspicieuses de l’amour? Pourquoi avançons-nous avec tant de précaution? Par lucidité? Par peur d’avoir mal? Pour ménager nos enfants? Est-ce un simple réflexe de protection après la cassure?

Si l’amour est magie et exaltation, comment l’accueillir à nouveau après l’ultime désenchantement de la dissolution non seulement de cet idéal du couple longue durée, mais aussi et surtout de l’unité familiale qui nous était si chère (ce qui me manque : être témoin des signes de l’amour partagé entre mes enfants et leur père / voir mes enfants heureux en présence de leur papa)?

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Ma fille, petite, et son père

Aujourd’hui, pleinement conscientes de la fragilité de l’amour et de la part d’idéalisation et d’aveuglement des amours débutants (comment ne pas sourire le jour où notre ex nous lance, dans un élan de gentillesse bien senti: «Je suis TELLEMENT plus compatible avec ELLE!!!), nous rencontrons non sans une certaine méfiance, à l’affût de ces fameux signes que nous aurions dû décoder dans le temps! 

Si nous pouvions lire l’avenir dans une boule de cristal! Si seulement les relations intimes et amoureuses venaient avec la garantie que notre confiance ne sera plus bafouée, que la parole donnée ne s’envolera pas et que l’aventure qui un soir nous appelle, sexuelle ou amoureuse ne tournera pas au vinaigre. Bien sûr, une telle garantie n’existe pas… Sans doute faut-il s’en réjouir. L’incertitude et le doute ne font-ils pas partie du plaisir de toute rencontre ou expérience significative?

En ce beau samedi matin, j’en viens à la conclusion qu’entrer dans les portes tournantes du sexe (on a forcément un peu de rattrapage à faire de ce côté au sortir d’une relation longue durée!) et de l’amour, après une séparation, c’est accepter de faire le don d’une part -plus ou moins grande- de liberté à cet(te) autre qui nous intrigue et nous attire…

Les filles, ne soyons pas trop sur nos gardes.

L’amour est un don mutuel et libre qui exige une bonne dose de confiance en l’avenir pour prendre racine.

Et pour qui sait lire entre les lignes en terminant son jogging…

La vie nous réserve parfois de belles surprises!

Malorie Harvey : lauréate du Concours littéraire provincial de St-Ours 2016

HARVEY, Malorie. Il m’a choisi, Concours littéraire provincial de St-Ours,

St-Ours, 2016, 30 p.   ISBN: 978-2-924711-25-5

 

Samedi dernier, ma belle grande fille, Malorie, recevait le 3e prix d’une valeur de 200 $ du Concours littéraire provincial jeunesse de St-Ours pour son tout premier roman, Il m’a choisi, dans la catégorie roman 9-13 ans. 

Je tiens à remercier les nombreux bénévoles du Regroupement littéraire jeunesse pour leur engagement auprès de la relève littéraire! Motivée par ce concours, Malorie, qui lit et écrit depuis de plusieurs années déjà, a trouvé l’énergie de mener un projet littéraire d’envergure (30 pages à son âge, c’est beaucoup!) jusqu’au bout.

Je félicite Malorie pour ses efforts soutenus, je souligne sa persévérance et je l’encourage à écrire toute sa vie dans le plaisir et la détente, comme elle sait si bien le faire!

 

Résumé de l’intrigue

Dominique et Dominic sont de grands complices! La première est une fille sensible alors que le second est un non-voyant très optimiste. Son handicap peut lui apprendre une tonne de choses; il peut s’imaginer un monde intérieur et a la chance de voir le vrai coeur des gens. Mais… le réalisera-t-il? Dominique, qui a des broches depuis peu, saura-t-elle garder la tête haute? Chose certaine, les deux inséparables amis s’entraident pour surmonter leurs épreuves que vous découvrirez dans un touchant journal intime…

***

Extrait du roman 

10 mars

Étrange que c’est Dominique qui perde confiance en elle, qui se fasse insulter, qui doive se faire remonter le moral par son meilleur ami… Avant, c’était moi qui étais dans cet état. Je perdais confiance en moi, je me faisais insulter et Dom devait régulièrement me consoler. C’était à cause de mon handicap.

Moi, je suis passé à travers cette épreuve. Un peu à cause des broches de Dominique, oui, on a arrêté de m’embêter. Mais ce que je veux dire, c’est que peu importe si on m’insulte encore un jour, je ne serai plus atteint par les mots qu’on m’adresse. Je vais être capable de garder la tête haute, sans pleurer pendant des heures, enfermé à double tour dans ma chambre.

Il est évident que mon problème est bien plus compliqué que le sien, car ses broches, elle va les enlever, un jour. Elle aura même de superbes dents. Alors que moi… je vais rester non-voyant toute ma vie.

Donc si je suis capable de passer par-dessus mon problème, eh bien! Dom aussi.

C’est exactement ce que j’ai dit à mon amie hier. La pauvre, elle a encore eu une montée d’émotion.

 

La remise du prix au Salon littéraire du 28 mai dernier  

Photos : Frans Van Dun

Que la vie soit douce pour vous

Enfants à la peche

À M. et P-A.

Puissiez-vous, mes amours, grandir avec confiance dans l’Amour

Puissiez-vous garder le meilleur de votre père et moi

Puissiez-vous pardonner nos erreurs

 

Puissiez-vous, mes amours, éclater de créativité!

Puissiez-vous lier de belles et profondes amitiés

Et marcher d’un pas sûr, digne et fier

Dans l’adversité

 

Puissiez-vous, mes amours,  courir sans peur l’esprit libre le coeur léger

Puissiez-vous ralentir aussi, la paix s’installe

dans les silences et la lumière

qu’on porte en soi

 

Puissiez-vous, mes amours, viser haut viser juste

Rêver haut et rêver juste

There is no upper limit

 

Puissiez-vous, mes amours…

Chasser vos idées noires aux heures sombres

La partie n’est jamais perdue et le découragement ne dure pas

 

Puissiez-vous… !

Que la vie soit douce avec vous

 

Si seulement la vie pouvait être douce

 

avec vous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon carnet… du 1er janvier

Carnet d’une maman séparée, à l’aube d’une nouvelle année

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Les enfants sont partis chez leur papa jusqu’à leur retour en classe. Quatre autres belles journées de vacances que je me désole de voir filer… sans eux. Qu’aurions-nous fait de tout ce temps libre? Flâner au lit, bouquiner, rire, se taquiner, jouer dans la neige, voir un film, patiner au féérique domaine de la forêt perdue? Quoi d’autre encore?

Quoi d’autre? Nous aimer. Le plus simplement du monde: nous aimer.

Vous me direz que l’important, ce n’est pas la quantité de temps passé auprès de nos enfants, c’est la qualité. L’important, c’est de prodiguer à nos enfants du temps de qualité. Je ne suis pas d’accord. Que voulez-vous, j’ai toujours été, sans toujours y arriver, une maman décidée à offrir les deux : quantité ET qualité. J’ai toujours pensé que l’amour se développe et s’épanouit dans le temps partagé dans la plus grande simplicité, au fil de toutes ces activités quotidiennes que nous pratiquons ensemble. Je ne m’habitue pas aux départs répétés de mes enfants. J’essaie de les vivre le plus sereinement possible (parfois j’y parviens, parfois pas du tout), mais je ne m’y habitue pas. Que voulez-vous, je suis de ces parents qui aiment veiller de près sur leurs enfants. Je ne les ai pas mis au monde pour les partager avec leur père et sa nouvelle amoureuse comme on partage les parts d’un gâteau… Je le vis comme un non-sens.

Contrairement à bien des parents séparés, je ne ressens pas le besoin de «refaire ma vie», de «penser plus à moi», d’assumer 100 % de ma responsabilité parentale mais seulement 50% du temps. Et ce n’est pas la peine de m’écrire pour me consoler, pour me donner des conseils, pour me convaincre de l’importance des papas, pour me dire de sortir, d’aller au gym, de m’inscrire à nouveau loisir, de lâcher prise. J’ai fait plusieurs fois le tour de la question et je travaille fort pour accepter ce qui pour le moment me semble inconcevable, pour intégrer le douloureux deuil de ma famille. Je sais tout ça. Le processus est en cours…

En cette nouvelle année, mes vœux vont à tous les parents qui, comme moi, peinent à accepter l’éclatement de leur famille. Puissions-nous miser avec enthousiasme sur les joies à venir, profiter pleinement de tout ce qui est encore possible, vivre nos déceptions, tout en nous ouvrant avec confiance à de nouvelles perspectives! Les pertes sont considérables, mais nous n’avons pas tout perdu.

En terminant, mes vœux de bonne et heureuse année vont surtout aux enfants de familles récemment éclatées et tout spécialement aux miens, s’ils décident de fouiner sur le blogue de maman… Sachez que rien n’empêche une maman aimante de veiller sur ses enfants parce que l’amour d’une maman est un territoire infini! Je serai toujours là pour vous écouter, vous soutenir, vous encourager et célébrer vos réussites!

Je vous aime. Vous pouvez compter sur moi.

Je suis fragile et très forte à la fois.

Je suis là.

 

 

Le premier croque-livres de L’Assomption attend les enfants!

Le premier croque-livres de L’Assomption est lancé! Partez à sa recherche, il se trouve sur la rue De la Valinière, dans le quartier Ruisseau des sources.

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Je vous présente la vaillante équipe qui a rendu ce projet de valorisation de la lecture possible : Aïcha, Malorie, Berthe et Bernard.

Notre croque-livres s’appelle Petite Feuille (du nom d’un charmant personnage dessiné par Mélisandre Lafond dans mon recueil d’allégories de la forêt boréale intitulé Des racines et des ailes, aux Éditions Midi trente).

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Petite Feuille, c’est une petite pousse d’arbre toute mignonne et timide qui espère se faire de nombreux nouveaux amis dans notre quartier, des amis qui l’aideront à devenir un beau grand peuplier aux racines très solides!

Pour grandir, Petite Feuille a besoin de soleil, de pluie, mais surtout de l’amour, de la gentillesse et de la générosité des enfants! Plusieurs enfants et familles du quartier l’ont compris; ils ont déjà fait une visite à Petite Feuille et parfois même un premier don de livres. Ces dons sont essentiels ; ils permettront à Petite Feuille d’assouvir l’appétit de ses petits lecteurs.    

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Je termine en saluant tous nos donateurs dont je publie les noms en guise de remerciements. Notre objectif de financement n’est pas encore atteint… À ce jour, nous avons ramassé 170 $ (sur les 210 $ espérés) mais suffisamment de livres pour démarrer le projet.

Nos donateurs (notre objectif est de 42 donateurs d’un montant de 5 $) :

    • Stéphane Trudelle*
    • Mathieu et Léanne Trudelle*
    • Karine Valentino *
    • Céline Robillard*
    • Frans Van Dun*
    • Jeanne Hamel-Van Dun*
    • La famille Van Dun-Hamel*
    • Richard Harvey  *
    • Aïcha Van Dun  *
    • Isabelle Jutras
    • Robert Dupuis *
    • Julie Martel *
    • Berthe Thivierge *
    • Bernard Souligny *
    • Virginie Carignan *
    • Élaine-Marie Rouleau *
    • Laurianne Daoust *
    • Mélanie Sauvé
    • Hubert Beaulieu *
    • Odette Thivierge *
    • Lorraine (du soccer)
    • Louise Martel (2) *
    • Eugène Vincent *

Gilbert Gagnon *
Marie-Nicole Henri *
Véronique Morel * (2)
Paul Germain * (4)
Ariel Franco
Josianne Rey

Le projet est lancé! Et Petite Feuille n’espère qu’une chose : se créer une belle communauté de petits amoureux de la lecture! Elle attend les enfants!

***

Croque-livres, c’est un réseau québécois de petites boîtes de partage de livres pour enfants (0-12 ans) soutenu par la fondation Lucie et André Chagnon. Les croque-livres sont des points de chute visant à rassembler et à encourager les communautés autour d’un plaisir universel : la lecture!

Pour accéder au réseau croque-livres :  http://croque-livres.ca

L’Assomption accueillera son premier croque-livres!

Ça y est! Mes enfants et moi avons reçu la boîte tant attendue! Notre projet d’installation du tout premier croque-livres de L’Assomption va pouvoir débuter!

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Ma fille et moi sommes tombées par hasard cet été sur le croque-livres de la municipalité d’Eastman à l’occasion de la 13e édition des Correspondances d’Eastman.

Première étape de notre projet : la recherche de financement

J’ai acheté le croque-livres à crédit en me disant que je n’aurais pas de mal à rallier mes proches, mes voisins, mes collègues de travail, les élèves de mon cours Littérature pour la jeunesse à cette belle cause : la promotion de la lecture jeunesse! Notre croque-livres m’a coûté 210 $. J’ai pensé que je trouverais facilement 42 personnes de mon entourage prêtes à donner 5 $ pour le financer. Les généreux donateurs auront le privilège de voir leurs noms affichés sur mon blogue en guise de remerciement! Je compte sur vous!

Deuxième étape : assembler le croque-livres

Pour assembler notre croque-livres, nous comptons sur un homme expérimenté qui a le cœur sur la main, mon oncle Bernard! Photos à venir…

Troisième étape : peindre notre croque-livres

À ce stade, je compte sur ma fille et ses petites amies du quartier pour personnaliser notre croque-livres.

Quatrième étape : installer notre croque-livres

Mon intention est d’installer le premier croque-livres de L’Assomption sur le terrain de ma maison afin que tous les enfants du quartier Ruisseau des sources puissent en profiter! Mais j’attends des nouvelles du service d’urbanisme de L’Assomption à ce sujet… Mon petit doigt me dit que la réponse va tarder… Je devrai être patiente…

Cinquième étape: nourrir notre croque-livres

J’ai suffisamment de beaux livres pour enfants à la maison pour démarrer le projet, mais si vous avez de beaux livres ou magazines pour enfants (récents!) à donner au suivant, je suis preneuse! Les livres, il faut que ça circule!

Dernière étape: faire connaître notre croque-livres

Enfin, avec votre aide, nous encouragerons les enfants de notre quartier à fréquenter notre petite bibliothèque libre-service!

Liste de nos généreux donateurs à ce jour (nous avons un objectif de 42 dons de 5 $)

  • Stéphane Trudelle*
  • Mathieu et Léanne Trudelle*
  • Karine Valentino *
  • Céline Robillard*
  • Frans Van Dun*
  • Jeanne Hamel-Van Dun*
  • La famille Van Dun-Hamel*
  • Richard Harvey  *
  • Aïcha Van Dun  *
  • Isabelle Jutras
  • Robert Dupuis *
  • Julie Martel *
  • Berthe Thivierge *
  • Bernard Souligny *
  • Virginie Carignan *
  • Élaine-Marie Rouleau *
  • Laurianne Daoust *

Les enfants vous remercient!

***

Pour votre information, je recopie ici les informations qu’on trouve sur le site http://croque-livres.ca Le réseau compte déjà 241 croque-livres au Québec!

Qu’est-ce que les Croque-livres?

S’inspirant de l’approche « Prends un livre ou donne un livre », l’initiative des Croque-livres est un réseau de boîtes de partage de livres destinées aux jeunes âgés de 0 à 12 ans du Québec. Lancée en septembre 2014, l’initiative vise à rassembler et à engager les communautés autour du plaisir de la lecture. Adoptés et pris en charge par des organismes, des institutions, des entreprises ou encore des individus, les Croque-livres sont des points de chute qui offrent aux enfants et à leur famille un libre accès à des livres partagés.
Mission du Croque-livres

À qui s’adressent les Croque-livres?

L’initiative des Croque-livres s’adresse en priorité aux enfants âgés entre 0 et 12 ans, et à leur famille, tous mobilisés autour d’un plaisir commun : la lecture.

Derrière l’initiative des Croque-livres

À l’origine de cette initiative se trouve un comité de partenaires, mobilisés autour d’un objectif commun : promouvoir le plaisir de la lecture chez les enfants. Réuni par la Fondation Lucie et André Chagnon, ce comité comprend l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (Ville de Montréal), l’Association québécoise des CPE, le Comité d’action locale Vaudreuil-Soulanges, la Corporation de développement communautaire de Rosemont, la Fondation pour l’alphabétisation et la Ville de Laval.

Les Croque-livres s’ajoutent aux diverses initiatives qui prennent vie dans plusieurs communautés du Québec grâce au travail de nombreux organismes et individus qui œuvrent chaque jour, depuis des décennies, pour faciliter l’accès aux livres et faire rayonner le plaisir de la lecture.

Au cours de l’été, les partenaires ont testé avec succès la mise en place et le fonctionnement de neuf Croque-livres grâce à la collaboration d’organismes communautaires situés dans la grande région de Montréal (Hochelaga-Maisonneuve, Rosemont), Laval, Vaudreuil-Soulanges et Sainte-Marthe. Ces premiers Croque-livres ont connu un vif succès.