Bien sûr, Denise, il suffit de dire non

Dans le texte qui suit, je réagis, spontanément, parce qu’il faut parfois battre le fer pendant qu’il est chaud, aux propos tenus par Mme Denise Bombardier, dans le cadre de l’affaire du professeur Larose.

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Le professeur Jean Larose. Photo : http://www.babelio.com/auteur/Jean-Larose/126652

 

Suite à l’enquête menée par la journaliste Rima Elkouri dans La Presse d’hier (4 février 2018), Denise Bombardier se questionne: « Comment de jeunes femmes instruites se sont-elles laissé berner de la sorte?  »

Je lui réponds que pour se laisser berner, il suffit d’accorder notre confiance à une personne digne de confiance.

Je lui réponds qu’il est normal et sain d’accorder notre confiance à une personne qui est réputée et reconnue par ses pairs, spécialement si cette personne oeuvre dans une université respectable.

Je lui réponds qu’il est normal et sain qu’une étudiante de niveau universitaire fasse confiance à un professeur qui se présente et se conduit – faut-il le rappeler? – durant des jours, des semaines, voire des mois comme un professeur véritablement digne de confiance.

Les étudiantes dont nous parle Rima Elkouri sont coupables d’avoir accordé leur confiance à un intellectuel, Jean Larose,  qu’elles jugeaient honnête et moral. Cet homme, réputé et reconnu dans son milieu professionnel, a brisé leur confiance et miné leur vie en abusant de son pouvoir.

Qu’on les désigne, selon la gravité des cas, comme de simples manipulateurs ou encore comme de véritables pervers narcissiques, les Jean Larose de ce monde sévissent dans tous les miieux professionnels et dans toutes les couches de la société, y compris dans nos écoles secondaires, collèges et universités. Ces hommes se présentent sous les traits  d’un patron, d’un ami de la famille ou encore d’un collègue plus expérimenté. La plupart des femmes en ont rencontré. J’en ai moi-même croisé quelques-uns, dont un entraîneur.

J’étais jeune à l’époque (au début de ma vingtaine), sans pour autant être naïve, et je n’avais aucune raison de croire que cet entraîneur masculin, que j’admirais et en qui j’avais pleinement confiance, allait briser ma confiance. C’est pourtant ce qui est arrivé.

Un soir, après un  entraînement de groupe, mon entraîneur m’offre de me raccompagner en voiture jusqu’à la station de métro la plus proche. J’accepte. La discussion, conviviale, porte sur la pratique de notre sport. Une fois devant la station, il me demande où j’habite et puisque c’est « sur son chemin », il propose de me déposer plutôt devant chez moi. La discussion se déroule dans la bonne humeur, les propos échangés tournent strictement autour de notre sport, je n’aime pas trop prendre le métro seule à cette heure tardive (autour de 22 h), alors j’accepte son offre et la discussion se poursuit normalement. Cinq ou dix minutes plus tard, il gare sa voiture devant l’immeuble où je loge. Alors que je m’apprête à sortir de son véhicule, voilà que ça dérape subitement:

-Je peux monter chez toi?

-Pardon?

Il insiste, sur un ton mielleux.

-Allez, Aïcha, laisse-moi monter…

Et sa tête plonge dans mon cou. Voilà qu’il me lèche littéralement le cou et tente de m’embrasser. Je le repousse (pas d’ambivalence ici, très chère Denise, chez la féministe que j’étais déjà à l’époque) le plus respectueusement possible.

-J’ai un copain. Tu sais que j’ai un copain, je t’en ai souvent parlé… Tu es mon entraîneur, tu es marié… Je ne te vois pas de cette façon-là…

Il insiste encore un peu.

-Personne n’en saura rien…

Je tiens bon, je le salue, je sors de mon véhicule et je rentre chez moi.

Jusque-là, vous en conviendrez, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat. La suite, par contre, m’apparaît intéressante et parlante.

Lorsque je me suis présentée à mes entraînements suivants, cette personne, cet entraîneur en qui j’avais confiance pour progresser dans mon cheminement sportif, a décidé de me punir d’avoir refusé ses avances en m’infligeant le traitement de l’indifférence. Il s’est mis à m’ignorer complètement. Son message non verbal? Tu t’es refusée à moi, tu n’es plus digne de recevoir mes conseils, mes critiques constructives, mes encouragements. Tu n’existes plus à mes yeux. Résultat? Après quelques cours sans un mot, sans soutien et sans encadrement, j’ai ravalé ma déception et j’ai quitté mon club sans formuler de plainte, sans dénoncer mon entraîneur. Je n’ai pas non plus réclamé les 300 ou 400 dollars investis dans mon abonnement annuel au club. Je me suis retrouvée sans lieu pour m’entraîner, sans camarades d’entraînement et surtout, sans entraîneur fiable pour assurer ma progression.

À lumière de cette triste expérience, je me questionne à mon tour…

Quel sort le professeur Larose réservait-il donc aux étudiantes qui, pilant sur leur admiration, respect ou attachement, ont courageusement refusé ses avances?

Mais surtout, quand est-ce que les intellectuelles d’envergure, majeures et vaccinées, celles qu’on a longtemps estimées, cesseront-elles d’être aussi naïves?

Comment des écrivaines de talent peuvent-elles se laisser berner ainsi?

Quand cesseront-elles de croire qu’il suffit de dire non?

***

Je remercie Rima Elkouri pour cette enquête qui, à mon humble avis, doit se poursuivre.  N’est-il pas temps d’examiner les conséquences vécues par les étudiantes qui, au fil des années, ont refusé les avances de Jean Larose? Car une chose est sûre, qu’on cède ou qu’on résiste, qu’on se taise ou qu’on parle, qu’on ferme les yeux ou qu’on dénonce, on ne sort jamais indemne d’une relation avec un type comme Jean Larose. Larose, par sa défense, nous en fait d’ailleurs la preuve; il nie, il minimise, il joue la victime et attaque tout à la fois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Séparation / Divorce Mémoire blessée, mémoire qui efface?

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Photographie : Frans Van Dun

Dans un ouvrage intitulé Aimer, perdre et grandir (éditions Novalis, 2004), Jean Montbourquette, prêtre oblat et psychologue spécialiste du deuil, présente les similitudes et les différences entre la perte d’un être aimé que la mort a emporté et la perte d’un être vivant vécue par divorce ou séparation. Dans les deux cas, la perte cause une profonde fracture dont on ne se remet pas aisément. Il en faut du temps pour cicatriser les plaies vives d’un deuil.

Si le décès crée une perte cruelle, définitive et irréversible, explique Montbourquette, le divorce – particulièrement s’il implique des enfants – force les ex-époux à se voir, les force à communiquer et à négocier malgré la colère qui gronde ou la tristesse qui les habite toujours et les transactions se multiplient en dépit de ce besoin viscéral qui s’impose en situation de crise amoureuse : prendre ses distances, voire couper franchement les ponts avec l’autre, cet ex qu’on tient responsable de tous les maux.

Faire équipe pour les enfants, quand la seule chose qu’on voudrait c’est tirer un trait définitif sur le passé, repartir à zéro, « refaire » sa vie avec quelqu’un d’autre quand on est habité par un besoin impérieux de voir son ex s’éclipser à tout jamais, c’est tout un contrat. Il faut pourtant s’y atteler, car rejeter son ex-conjoint, le diaboliser ou le critiquer indûment, caricaturer ses années de mariage en ne retenant que le négatif, se représenter tout le passé conjugal comme une sorte de « Grande Noirceur », ça revient à nier l’autre, à nier les années d’union, y compris dans leurs dimensions joyeuses et positives dont les interactions communes avec les enfants ont fait partie.

Montbourquette écrit qu’à la mort d’un conjoint, « on a tendance à idéaliser les qualités du défunt ainsi que les beaux moments vécus ensemble », alors qu’après une séparation, on est plutôt porté, au contraire, à « surfaire les défauts de l’ex et à se remémorer les moments pénibles de la vie commune » (Aimer, perdre et grandir, p.19). Voilà qui est intéressant. Amplifier les défauts de l’autre, formuler des critiques et des reproches à n’en plus finir, monter le ton, durcir la voix, ruminer de sombres souvenirs s’avère donc un réflexe normal ; sortant d’une séparation douloureuse, on a la mémoire blessée. Gravement blessée.

Ceci dit, le danger, me semble-t-il, c’est d’en arriver à faire son nouveau nid dans une sorte de mépris du passé. Le danger, c’est de feuilleter strictement les pages noires des années partagées au point d’en oublier les pages honorables et les souvenirs heureux. Au point d’avoir honte de ce que l’on a été. Le danger, s’il en est un, quand la mémoire blessée nous aveugle, quand elle sape en nous toute forme de bienveillance ou de gratitude envers notre ex-partenaire de vie qui reste pourtant le co-parent de nos enfants, le danger quand la mémoire blessée prend toute la place, c’est le reniement de soi. Impossible alors -et c’est là un bien étrange paradoxe -d’aller de l’avant, d’avancer comme on l’espère tant. Nous voilà ralentis, fragilisés parce qu’affublés de ce qu’on pourrait  désigner comme une « part manquante » (l’expression est de Christian Bobin) en soi, c’est-à-dire au coeur de notre identité.

On s’entend pour dire qu’il importe d’offrir une famille aux enfants malgré la séparation. Après tout, ils n’y sont pour rien et ont besoin, pour grandir en paix, que leurs parents se concertent, coopèrent et retrouvent l’équilibre. Comment y parvenir? Ce n’est pas une mince affaire quand on constate que chaque interaction entre les parents « a pour effet de raviver la plaie qui était en train de cicatriser » (Aimer, perdre et grandir, p. 18).

L’historien Éric Bédard, récemment interrogé dans le cadre de l’émission Église en sortie sur le thème de la guérison de la mémoire m’a lancée, sans le savoir, sur une piste de réponse. Dans l’entretien auquel je fais référence, la réflexion de l’historien n’a rien à voir avec les suites d’un divorce. Enfin si, mais indirectement (ou symboliquement?) et d’un point de vue collectif plutôt qu’individuel, car le « divorce » dont il est question, celui des Québécois avec l’Église catholique, a lui aussi engendré une sérieuse « fracture ». Lorsque l’animateur d’Église en sortie, Francis Denis, demande à Éric Bédard « Comment sortir de l’impasse [dans laquelle les Québécois se trouvent]? », voici la réponse que l’historien fournit :

 » Pour sortir de l’impasse, il faut se donner le droit d’inventaire. Si on veut avoir un rapport plus sain avec le passé – notamment catholique- il faut savoir distinguer le bon grain de l’ivraie et reconnaître qu’il y a une part sombre mais qu’il y a peut-être une part lumineuse [dans notre héritage catholique ] et qu’elle peut nous inspirer aujourd’hui.  »  (Église en sortie, 23 septembre 2016)

Je ne veux surtout pas dénaturer les propos d’Éric Bédard, mais il me semble que l’ensemble de sa réflexion sur le rapport des Québécois à leur passé catholique se transpose dans la sphère privée et peut, dans un tout autre contexte qui est celui d’une fracture entre deux ex-époux, alimenter notre réflexion de parents. Ainsi, après l’avoir écouté, il me paraît d’autant plus indispensable, si l’on souhaite faire équipe avec notre ex-conjoint dans l’éducation des enfants, de travailler à bâtir une « mémoire renouvelée » en prenant conscience du besoin de continuité des enfants.

On l’a compris, une « mémoire blessée » empêche de voir le positif. Elle efface les souvenirs heureux passés ou du moins réduit l’accès aux pages lumineuses de la famille unie que nous formions avant la séparation. Or pour se forger une identité solide, les enfants doivent connaître et assumer leurs racines, comprendre leur héritage et surtout avoir facilement accès aux pages heureuses de leur histoire familiale. Ils doivent pouvoir parler librement du passé en présence de leurs deux parents (pas seulement en alternance avec l’un, puis avec l’autre) et questionner sans peur l’époque où leurs parents formaient un couple heureux. Je me souviens avoir reçu, peu de temps après ma séparation, une question fort touchante qui allait en ce sens : « Maman, je sais que papa et toi vous n’êtes plus des amoureux… Mais est-ce que quand vous m’avez fait, vous vous aimiez?  » Autrement dit, suis-je un enfant désiré et conçu dans l’amour? Question légitime, s’il en est une…

En terminant, je reviens à la réflexion d’Éric Bédard (source d’inspiration de cet article) qui nous explique qu’on peut rejeter le passé, qu’on peut l’interroger mais qu’on peut aussi procéder à un inventaire de notre héritage passé en visant l’équilibre entre les pages sombres et les pages honorables.

C’est à partir de ce nouvel inventaire qu’on peut espérer réparer la fracture d’un divorce, envisager une suite à notre famille pour le bonheur de nos enfants, mais aussi et surtout pour nous-même. Car l’harmonie intérieure passe par la conscience d’une certaine continuité.

***

N.B. Vous aurez compris, chers lecteurs, que je n’ai pas voulu m’approprier les idées d’Éric Bédard sur la guérison de la mémoire. J’ai simplement tenté de les intégrer en me demandant si sa réflexion pouvait nourrir le cheminement de parents qui, comme moi, travaillent à guérir leur  » mémoire blessée ».  C’est pourquoi je vous invite à écouter l’entretien qu’il a donné à l’émission Église en sortie. Vous serez à même de rendre à César ce qui appartient à César.

Au plaisir d’en discuter avec vous!

Aïcha

Reférences

MONTBOURQUETTE, Jean. Aimer, perdre et grandir, éditions Novalis, Montréal, 2004, 165 pages.

BÉDARD, Éric. Entretien sur l’histoire de l’Église catholique au Québec, troisième partie de l’émission Église en sortie, épisode du 23 septembre 2016.

https://www.youtube.com/watch?v=A6mtSnRalu8

Lettre ouverte à mes enfants

Mes ADOrables,

 

Les années passent et je vous regarde aller avec la plus grande satisfaction!

Fiston, tu as fait ton entrée à l’école secondaire la tête haute, confiant et décidé à réussir.

Fifille, tu continues de rayonner à l’école alternative où tu nages comme un poisson dans l’eau, entourée d’amis et d’adultes sincères et animés de projets stimulants. Tu te prépares aussi à prendre le grand virage de l’école secondaire. Tu y es presque!

J’ai cette chance inouïe d’avoir des enfants épanouis, intelligents et en bonne santé.

Je suis choyée. Gratitude.

Mais je vais vous dire mes beaux trésors, j’ai surtout la chance d’avoir des enfants qui se taquinent et jouent ensemble, s’entraident et s’encouragent.

J’ai la chance d’avoir des enfants qui s’aiment.

Je reprends ici les paroles d’une chanson d’Yves Duteil que j’aime beaucoup:

Je vous aime

De vous aimer si fort

D’être tout à la fois

Et la soif et la source

Votre amour m’éclabousse

Et m’entraîne avec lui

Dans vos îles aux trésors

 

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Ce que j’ai envie de vous dire ce matin, c’est qu’il n’y a pas plus beau cadeau pour un parent que de voir ses enfants s’aimer.

 

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Chaque fois que vous riez ensemble, complices

Chaque fois que l’un de vous offre son aide à l’autre

Chaque fois que vous vous montrez solidaires dans les moments difficiles ou que vous vous défendez l’un l’autre

Chaque fois que vous vous concertez en secret pour m’adresser une demande avec plus de force

Chaque fois que vous choisissez le pardon plutôt que la rancune ou la colère durable

Chaque fois que l’un demande conseil à l’autre

Chaque fois que l’un conseille l’autre

Chaque fois que vous vous chamaillez gentiment

Chaque fois que vous vous concertez pour me faire… une surprise (un petit déjeuner au lit ou un massage à quatre mains)!

Chaque fois que vous vous encouragez dans vos loisirs

Chaque fois que vous célébrez vos réussites mutuelles,

Chaque fois que vous vous soutenez dans les moments de peine, d’impuissance ou de déception

Chaque fois

C’est le plus beau et le plus universel des cadeaux.

Je vous souhaite de garder cette relation tendre et vivante pour toujours; elle vous protégera de la solitude, de la peur et des coups durs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notre croque-livres de retour le samedi 16 avril

Les enfants âgés de 2 à 12 ans du quartier Ruisseau-des-Sources de L’Assomption sont invités à retrouver «Petite Feuille», notre croque-livres, sur la rue De la Valinière!

Le principe est simple : si l’enfant donne un livre, il peut en prendre un!

Si l’enfant ne donne pas de livre, il peut utiliser le croque-livres comme une petite bibliothèque : il emprunter un livre pour quelques jours et le rapporte quand il a terminé sa lecture!

Notre objectif est de partager notre plaisir de lire avec les enfants de notre quartier!

 

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Je protège mon école publique (allocution du 1er octobre 2015)

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Allocution du 1er octobre, 7 h 30, École primaire Henri-Bourassa et Soleil-de-l’Aube (volet alternatif)

« J’ose croire que l’éducation et le système scolaire sont à la base d’une société saine et se propulsant vers le haut », affirmait le conteur Fred Pellerin, à l’occasion de la chaîne humaine du 1er septembre dernier. Comme Fred Pellerin et des milliers d’autres de parents québécois à travers tout le Québec, ce jeudi matin 1er octobre, c’est avec conviction et enthousiasme que nous, parents et amis de l’école Henri-Bourassa et Soleil-de-l’Aube, nous joignons au mouvement citoyen apolitique « Je protège mon école publique » dont la mission est de dénoncer les compressions budgétaires actuelles dans le système scolaire québécois.

Le mouvement en est à sa 4e manifestation aujourd’hui. Il est né de l’initiative spontanée et indépendante de parents de l’école Saint-Jean-de-Brébeuf de Montréal, mais il a rapidement fait boule de neige, si bien que les revendications d’une poignée de parents autour d’une bonne bière au Pub Rosemont… sont vite devenues les revendications de tous les parents québécois.

illustration de Marianne Dubuc_n[2]

Pourquoi nous sommes-nous déplacés en si grand nombre ce matin?

Parce que nous, parents d’Henri-Bourassa et Soleil-de-l’Aubre, pensons que…

… l’accès à une instruction publique de qualité est un droit fondamental;

… l’éducation est un investissement dans l’avenir qui profite à tous les Québécois;

… les coupures imposées par le gouvernement entraîneront une diminution significative de la qualité des services éducatifs, limitant ainsi le potentiel de la jeunesse québécoise;

Nous sommes réunis ce matin parce que nous croyons que…

… tous les membres du personnel de notre école et spécialement les enseignants de nos enfants, méritent notre appui et notre reconnaissance! S’il nous arrive d’envier les vacances d’été des profs de nos enfants… nous demeurons inconditionnellement admiratifs de leur générosité, de leur patience et de leur engagement auprès de nos jeunes. Nos profs n’ont pas l’habitude de compter leur temps!

… qu’une société responsable est une société qui croit en la démocratie scolaire. Ainsi, à Henri-Bourassa et Soleil-de-l’Aube, nos enfants sont consultés sur l’organisation de la vie scolaire, ils participent au vivre-ensemble à travers des valeurs d’autonomie, de liberté et de responsabilisation.

… la mobilisation est préférable à l’inaction et à l’indifférence;

Certaines personnes, dont le ministre de l’éducation lui-même, ont laissé entendre le 1er septembre dernier que les enfants n’ont pas leur place dans notre mouvement citoyen. Ainsi, selon le ministre Blais, nous serions tous en train d’instrumentaliser nos enfants, de les « utiliser » dans une cause qu’ils ne comprennent pas.

Au contraire, nous pensons…

… qu’il nous appartient d’informer nos enfants sur les enjeux de société;

… qu’il nous appartient de les initier peu à peu à l’implication sociale;

… qu’il nous appartient de leur apprendre à questionner leurs valeurs et leurs idéaux. Dans notre école, la pédagogie repose sur le droit à la liberté d’expression, la participation et la coopération. Et si nous sommes rassemblés ce matin, c’est pour exprimer notre sentiment d’appartenance à notre école.

Selon le ministre Blais qui, questionné par le journaliste Patrice Roy s’exprimait en direct sur les ondes de RDI lundi soir, c’est la faute de certaines commissions scolaires si les enfants reçoivent moins de services. La CSDM vient de couper 68 postes de professionnels. Selon le ministre Blais, ces coupures, dont les enfants font les frais, n’ont rien à voir avec les compressions budgétaires de son gouvernement. Selon lui, les coupures de postes sont plutôt attribuables à des problèmes de gestion de la CSDM.

Ainsi, le gouvernement coupe 1 milliard de dollars en six ans, le gouvernement retranche 350 millions de dollars et 250 postes de professionnels pour l’année scolaire 2015-2016, le gouvernement alourdit la tâche des enseignants en remettant en question le ratio prof-élèves, le gouvernement abolit des postes de conseillers pédagogiques et de directions adjointes, le gouvernement intègre des élèves à besoins particuliers dans des classes régulières sans apporter de soutien additionnel, le gouvernement annonce des compressions dans les services de garde, le gouvernement diminue les sommes allouées à l’aide aux leçons et devoirs, le gouvernement multiplie les critères pour coder les élèves à besoins particuliers…

Mais bien sûr, le gouvernement n’est pas responsable des conséquences de toutes ces coupures!

Selon le ministre Blais, il faut plutôt s’en prendre aux commissions scolaires qui font de «mauvais choix» et ont tout simplement échoué à redéployer leurs services.

Si nous sommes rassemblés ce matin, c’est pour envoyer un message clair au gouvernement.

M. le ministre, nous ne sommes pas dupes. Nous sommes conscients que tous les élèves écopent des compressions en éducation, y compris les élèves qui vont très bien et réussissent avec facilité puisqu’en priorisant la réussite des élèves à besoins particuliers, les enseignants risquent de manquer de temps pour alimenter les élèves qui réussissent bien. Nous, les parents québécois, pensons que tous les élèves ont droit à la disponibilité de leur enseignant.

Pour finir, rappelons, comme le faisait Fred Pellerin à l’occasion de la chaîne humaine du 1er septembre dernier, que « ne rien dire, dans certaines situations, c’est se faire complice de ce qui se passe ».

Ce matin…

… pas question d’être complices d’un gouvernement qui ne prend pas soin des enfants.

… pas question de passer sous silence les compressions budgétaires en éducation.

Ce matin, plusieurs chaînes humaines comme la nôtre se déploient devant plus de 333 écoles primaires et secondaires québécoises!

Tous ces parents s’expriment d’une seule voix pour protéger l’école publique!

Merci!

Aïcha

Comité JPMEP d’Henri Bourassa et Soleil-de-l’Aube
Aïcha Van Dun
Josée Désilets
Anne Bastard
Céline Champagne

Le premier croque-livres de L’Assomption attend les enfants!

Le premier croque-livres de L’Assomption est lancé! Partez à sa recherche, il se trouve sur la rue De la Valinière, dans le quartier Ruisseau des sources.

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Je vous présente la vaillante équipe qui a rendu ce projet de valorisation de la lecture possible : Aïcha, Malorie, Berthe et Bernard.

Notre croque-livres s’appelle Petite Feuille (du nom d’un charmant personnage dessiné par Mélisandre Lafond dans mon recueil d’allégories de la forêt boréale intitulé Des racines et des ailes, aux Éditions Midi trente).

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Petite Feuille, c’est une petite pousse d’arbre toute mignonne et timide qui espère se faire de nombreux nouveaux amis dans notre quartier, des amis qui l’aideront à devenir un beau grand peuplier aux racines très solides!

Pour grandir, Petite Feuille a besoin de soleil, de pluie, mais surtout de l’amour, de la gentillesse et de la générosité des enfants! Plusieurs enfants et familles du quartier l’ont compris; ils ont déjà fait une visite à Petite Feuille et parfois même un premier don de livres. Ces dons sont essentiels ; ils permettront à Petite Feuille d’assouvir l’appétit de ses petits lecteurs.    

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Je termine en saluant tous nos donateurs dont je publie les noms en guise de remerciements. Notre objectif de financement n’est pas encore atteint… À ce jour, nous avons ramassé 170 $ (sur les 210 $ espérés) mais suffisamment de livres pour démarrer le projet.

Nos donateurs (notre objectif est de 42 donateurs d’un montant de 5 $) :

    • Stéphane Trudelle*
    • Mathieu et Léanne Trudelle*
    • Karine Valentino *
    • Céline Robillard*
    • Frans Van Dun*
    • Jeanne Hamel-Van Dun*
    • La famille Van Dun-Hamel*
    • Richard Harvey  *
    • Aïcha Van Dun  *
    • Isabelle Jutras
    • Robert Dupuis *
    • Julie Martel *
    • Berthe Thivierge *
    • Bernard Souligny *
    • Virginie Carignan *
    • Élaine-Marie Rouleau *
    • Laurianne Daoust *
    • Mélanie Sauvé
    • Hubert Beaulieu *
    • Odette Thivierge *
    • Lorraine (du soccer)
    • Louise Martel (2) *
    • Eugène Vincent *

Gilbert Gagnon *
Marie-Nicole Henri *
Véronique Morel * (2)
Paul Germain * (4)
Ariel Franco
Josianne Rey

Le projet est lancé! Et Petite Feuille n’espère qu’une chose : se créer une belle communauté de petits amoureux de la lecture! Elle attend les enfants!

***

Croque-livres, c’est un réseau québécois de petites boîtes de partage de livres pour enfants (0-12 ans) soutenu par la fondation Lucie et André Chagnon. Les croque-livres sont des points de chute visant à rassembler et à encourager les communautés autour d’un plaisir universel : la lecture!

Pour accéder au réseau croque-livres :  http://croque-livres.ca

L’Assomption accueillera son premier croque-livres!

Ça y est! Mes enfants et moi avons reçu la boîte tant attendue! Notre projet d’installation du tout premier croque-livres de L’Assomption va pouvoir débuter!

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Ma fille et moi sommes tombées par hasard cet été sur le croque-livres de la municipalité d’Eastman à l’occasion de la 13e édition des Correspondances d’Eastman.

Première étape de notre projet : la recherche de financement

J’ai acheté le croque-livres à crédit en me disant que je n’aurais pas de mal à rallier mes proches, mes voisins, mes collègues de travail, les élèves de mon cours Littérature pour la jeunesse à cette belle cause : la promotion de la lecture jeunesse! Notre croque-livres m’a coûté 210 $. J’ai pensé que je trouverais facilement 42 personnes de mon entourage prêtes à donner 5 $ pour le financer. Les généreux donateurs auront le privilège de voir leurs noms affichés sur mon blogue en guise de remerciement! Je compte sur vous!

Deuxième étape : assembler le croque-livres

Pour assembler notre croque-livres, nous comptons sur un homme expérimenté qui a le cœur sur la main, mon oncle Bernard! Photos à venir…

Troisième étape : peindre notre croque-livres

À ce stade, je compte sur ma fille et ses petites amies du quartier pour personnaliser notre croque-livres.

Quatrième étape : installer notre croque-livres

Mon intention est d’installer le premier croque-livres de L’Assomption sur le terrain de ma maison afin que tous les enfants du quartier Ruisseau des sources puissent en profiter! Mais j’attends des nouvelles du service d’urbanisme de L’Assomption à ce sujet… Mon petit doigt me dit que la réponse va tarder… Je devrai être patiente…

Cinquième étape: nourrir notre croque-livres

J’ai suffisamment de beaux livres pour enfants à la maison pour démarrer le projet, mais si vous avez de beaux livres ou magazines pour enfants (récents!) à donner au suivant, je suis preneuse! Les livres, il faut que ça circule!

Dernière étape: faire connaître notre croque-livres

Enfin, avec votre aide, nous encouragerons les enfants de notre quartier à fréquenter notre petite bibliothèque libre-service!

Liste de nos généreux donateurs à ce jour (nous avons un objectif de 42 dons de 5 $)

  • Stéphane Trudelle*
  • Mathieu et Léanne Trudelle*
  • Karine Valentino *
  • Céline Robillard*
  • Frans Van Dun*
  • Jeanne Hamel-Van Dun*
  • La famille Van Dun-Hamel*
  • Richard Harvey  *
  • Aïcha Van Dun  *
  • Isabelle Jutras
  • Robert Dupuis *
  • Julie Martel *
  • Berthe Thivierge *
  • Bernard Souligny *
  • Virginie Carignan *
  • Élaine-Marie Rouleau *
  • Laurianne Daoust *

Les enfants vous remercient!

***

Pour votre information, je recopie ici les informations qu’on trouve sur le site http://croque-livres.ca Le réseau compte déjà 241 croque-livres au Québec!

Qu’est-ce que les Croque-livres?

S’inspirant de l’approche « Prends un livre ou donne un livre », l’initiative des Croque-livres est un réseau de boîtes de partage de livres destinées aux jeunes âgés de 0 à 12 ans du Québec. Lancée en septembre 2014, l’initiative vise à rassembler et à engager les communautés autour du plaisir de la lecture. Adoptés et pris en charge par des organismes, des institutions, des entreprises ou encore des individus, les Croque-livres sont des points de chute qui offrent aux enfants et à leur famille un libre accès à des livres partagés.
Mission du Croque-livres

À qui s’adressent les Croque-livres?

L’initiative des Croque-livres s’adresse en priorité aux enfants âgés entre 0 et 12 ans, et à leur famille, tous mobilisés autour d’un plaisir commun : la lecture.

Derrière l’initiative des Croque-livres

À l’origine de cette initiative se trouve un comité de partenaires, mobilisés autour d’un objectif commun : promouvoir le plaisir de la lecture chez les enfants. Réuni par la Fondation Lucie et André Chagnon, ce comité comprend l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (Ville de Montréal), l’Association québécoise des CPE, le Comité d’action locale Vaudreuil-Soulanges, la Corporation de développement communautaire de Rosemont, la Fondation pour l’alphabétisation et la Ville de Laval.

Les Croque-livres s’ajoutent aux diverses initiatives qui prennent vie dans plusieurs communautés du Québec grâce au travail de nombreux organismes et individus qui œuvrent chaque jour, depuis des décennies, pour faciliter l’accès aux livres et faire rayonner le plaisir de la lecture.

Au cours de l’été, les partenaires ont testé avec succès la mise en place et le fonctionnement de neuf Croque-livres grâce à la collaboration d’organismes communautaires situés dans la grande région de Montréal (Hochelaga-Maisonneuve, Rosemont), Laval, Vaudreuil-Soulanges et Sainte-Marthe. Ces premiers Croque-livres ont connu un vif succès.