Une idée folle: accueillir nos étudiants de 1re session dans une classe extérieure!

Photo d'une classe en plein air

Photo de Stevens Martin, publiée dans le Journal de Montréal du 18 juin 2018.  On y aperçoit Laurianne et ses élèves de l’école primaire Saint-Fidèle, dans le Vieux Limoilou, à l’occasion d’une prestation de cours en plein air.

Tôt ce matin, en faisant une marche rapide dans le rang Nord, j’ai eu cette idée une idée un peu folle!

J’imaginais notre prochaine rentrée, au cégep, et je me disais… Tout de même, les élèves de 5e secondaire ont terminé leur parcours secondaire en queue de poisson et ils seront accueillis, à la fin août, par des profs postés derrière un écran! Ces profs rêvent pourtant de les accueillir dans l’environnement chaleureux d’une vraie salle de classe!

Je pensais… Si j’étais une étudiante de 1re session? Si j’avais 17 ans? Si je n’avais jamais fréquenté une institution collégiale? Comment vivrais-je ce premier contact avec le cégep? Une rentrée à distance ne m’enchanterait pas trop…

J’ai réfléchi… Et soudain, j’ai eu une idée! Je me suis dit… Pourquoi ne pas aménager des lieux de rassemblement autour du cégep? Ces espaces deviendraient des classes extérieures temporaires toutes simples : un tableau blanc sur roues, des cerceaux en plastique fixés au sol pour délimiter des places à 2 mètres de distance, une station pour se désinfecter les mains, comme à l’épicerie. Les étudiants se présenteraient avec leur chaise pliante ou avec un simple coussin et ils s’installeraient à l’intérieur de l’un des espaces délimités par les cerceaux pour participer au cours.

Je me suis mise à rêver!  Je m’imaginais déjà en train de prononcer mon petit mot  de bienvenue!

« Il me fait plaisir de vous accueillir dans votre 1er cours de littérature en plein air! Comme vous le savez, la pandémie a secoué notre système scolaire et notre ministre de l’éducation, M. Jean-François Roberge, nous a lancé, le printemps dernier, un message tès clair (soupçon d’ironie)! C’est le moment de se RÉINVENTER! Au Cégep régional de Lanaudière, nous avons répondu à l’appel pressant du ministre en aménageant – en un temps record –  des espaces qui amènent l’apprentissage à l’extérieur de notre cégep dans le respect, bien sûr, des consignes de distanciation sociale du dr Arruda. »

Sur le chemin du retour, le rêve a fait place à une réflexion plus pragmatique.

Impossible d’aménager des classes extérieures pour tous nos groupes… Les groupes sont nombreux… Trente-cinq ou quarante étudiants par groupe, à 2 mètres de distance, ça demande beaucoup d’espace. On les aménagerait où, ces classes extérieures? Dans la cour intérieure du cégep? Dans le parc Laurier voisin? Mais pour occuper le parc voisin, il faudrait établir un partenariat avec la municipalité… Est-ce que notre maire Nadeau et son équipe faciliteraient un tel projet? Est-ce que la direction soutiendrait une telle initiative? Quelle est la faisabilité d’un projet aussi fou?  

Suite à ma séance d’exercice, j’ai effectué une recherche expres sur internet. Les mots-clés « classes extérieures » m’ont dirigée vers le site d’une fondation dont je n’avais jamais entendu parler : la Fondation Monique-Fitz-Back (qui peut bien être Monique Fitz-Back?). Cette fondation s’est donné pour mission, à travers un projet intitulé « Enseigner dehors »,  de « promouvoir l’éducation relative à l’environnement et à un milieu sain dans une perspective de développement durable ». Dans le cadre de la crise environnementale mondiale qui s’accélère, c’est une mission qui frappe dans le mille, vous ne trouvez pas? Que c’est intéressant…

Si j’ai bien compris, le modèle des classes extérieures, déjà répandu en Scandinavie, est en train de se développer tranquillement au Québec.  Rien n’indique, dans les documents rapidement parcourus ce matin, que des profs de cégep pratiquent la pédagogie en plein air (pour le savoir, il faudra approfondir ma recherche). Mais savez-vous que plusieurs écoles primaires et secondaires québécoises sont déjà dotées de classes extérieures ou d’espaces collaboratifs en plein air?  

L’engouement pour les classes extérieures s’expliquerait par les multiples avantages de la pédagogie en plein air. Les bienfaits de cette approche pédagogique sont expliqués sur le site de la Fondation Monique Fitz-Back, mais une autre fondation, qu’on connaît mieux, les présente plus clairement :

  •  Un temps passé dans la nature accroît la performance scolaire ;
  • Des activités éducatives exécutées dans la nature améliorent le
    comportement de l’étudiant et ses capacités de coopération ;
  • Un apprentissage en plein air favorise une bonne communication ;
  • Un temps en plein air incite les étudiants à focaliser leur attention ;
  • En plein air, les élèves sont plus heureux, moins stressés et en meilleure santé physique ;
  • Il a été démontré que le temps passé dans la nature réduit les symptômes du TDAH ;
  • Passer du temps dans la nature favorise le rappel, la mémorisation, la résolution de problèmes et la créativité ;
  • Si nous voulons que nos enfants contribuent à protéger la Terre, il
    nous faut les amener à l’apprécier, et leur donner le sentiment qu’ils
    y sont reliés.

Source : Fondation David Suzuki

L’énumération de ces bienfaits me portent à croire que mon idée n’est finalement pas si folle que ça.

Dans le réseau collégial, les ressources financières sont limitées, comme partout ailleurs. Notre cégep à L’Assomption ne fait pas exception, même s’il a, paraît-il, résorbé une partie de son important déficit.

On ne peut évidemment pas enseigner en plein air à près de 2000 étudiants!

Mais ensemble, peut-on imaginer une classe extérieure temporaire dans sa plus simple expression?

Peut-être qu’on ne pourrait pas y installer 40 étudiants. 20 suffiraient peut-être (la moitié d’un groupe). Nous pourrions réserver cette classe extérieure quelques semaines d’avance, sur une base volontaire, en nous assurant de donner la priorité aux étudiants de 1re session.

Je peux me tromper, mais n’y aurait-il pas moyen, au cours des premières semaines de cours, d’offrir une prestation de cours en plein air à nos petits nouveaux?

Je viens d’en glisser un mot à mon fils de 16 ans. Sa réaction?

« Ce serait vraiment cool! »

 

Aïcha Van Dun, prof de littérature au CRLA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s