L’Assomption accueillera son premier croque-livres!

Ça y est! Mes enfants et moi avons reçu la boîte tant attendue! Notre projet d’installation du tout premier croque-livres de L’Assomption va pouvoir débuter!

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Ma fille et moi sommes tombées par hasard cet été sur le croque-livres de la municipalité d’Eastman à l’occasion de la 13e édition des Correspondances d’Eastman.

Première étape de notre projet : la recherche de financement

J’ai acheté le croque-livres à crédit en me disant que je n’aurais pas de mal à rallier mes proches, mes voisins, mes collègues de travail, les élèves de mon cours Littérature pour la jeunesse à cette belle cause : la promotion de la lecture jeunesse! Notre croque-livres m’a coûté 210 $. J’ai pensé que je trouverais facilement 42 personnes de mon entourage prêtes à donner 5 $ pour le financer. Les généreux donateurs auront le privilège de voir leurs noms affichés sur mon blogue en guise de remerciement! Je compte sur vous!

Deuxième étape : assembler le croque-livres

Pour assembler notre croque-livres, nous comptons sur un homme expérimenté qui a le cœur sur la main, mon oncle Bernard! Photos à venir…

Troisième étape : peindre notre croque-livres

À ce stade, je compte sur ma fille et ses petites amies du quartier pour personnaliser notre croque-livres.

Quatrième étape : installer notre croque-livres

Mon intention est d’installer le premier croque-livres de L’Assomption sur le terrain de ma maison afin que tous les enfants du quartier Ruisseau des sources puissent en profiter! Mais j’attends des nouvelles du service d’urbanisme de L’Assomption à ce sujet… Mon petit doigt me dit que la réponse va tarder… Je devrai être patiente…

Cinquième étape: nourrir notre croque-livres

J’ai suffisamment de beaux livres pour enfants à la maison pour démarrer le projet, mais si vous avez de beaux livres ou magazines pour enfants (récents!) à donner au suivant, je suis preneuse! Les livres, il faut que ça circule!

Dernière étape: faire connaître notre croque-livres

Enfin, avec votre aide, nous encouragerons les enfants de notre quartier à fréquenter notre petite bibliothèque libre-service!

Liste de nos généreux donateurs à ce jour (nous avons un objectif de 42 dons de 5 $)

  • Stéphane Trudelle*
  • Mathieu et Léanne Trudelle*
  • Karine Valentino *
  • Céline Robillard*
  • Frans Van Dun*
  • Jeanne Hamel-Van Dun*
  • La famille Van Dun-Hamel*
  • Richard Harvey  *
  • Aïcha Van Dun  *
  • Isabelle Jutras
  • Robert Dupuis *
  • Julie Martel *
  • Berthe Thivierge *
  • Bernard Souligny *
  • Virginie Carignan *
  • Élaine-Marie Rouleau *
  • Laurianne Daoust *

Les enfants vous remercient!

***

Pour votre information, je recopie ici les informations qu’on trouve sur le site http://croque-livres.ca Le réseau compte déjà 241 croque-livres au Québec!

Qu’est-ce que les Croque-livres?

S’inspirant de l’approche « Prends un livre ou donne un livre », l’initiative des Croque-livres est un réseau de boîtes de partage de livres destinées aux jeunes âgés de 0 à 12 ans du Québec. Lancée en septembre 2014, l’initiative vise à rassembler et à engager les communautés autour du plaisir de la lecture. Adoptés et pris en charge par des organismes, des institutions, des entreprises ou encore des individus, les Croque-livres sont des points de chute qui offrent aux enfants et à leur famille un libre accès à des livres partagés.
Mission du Croque-livres

À qui s’adressent les Croque-livres?

L’initiative des Croque-livres s’adresse en priorité aux enfants âgés entre 0 et 12 ans, et à leur famille, tous mobilisés autour d’un plaisir commun : la lecture.

Derrière l’initiative des Croque-livres

À l’origine de cette initiative se trouve un comité de partenaires, mobilisés autour d’un objectif commun : promouvoir le plaisir de la lecture chez les enfants. Réuni par la Fondation Lucie et André Chagnon, ce comité comprend l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve (Ville de Montréal), l’Association québécoise des CPE, le Comité d’action locale Vaudreuil-Soulanges, la Corporation de développement communautaire de Rosemont, la Fondation pour l’alphabétisation et la Ville de Laval.

Les Croque-livres s’ajoutent aux diverses initiatives qui prennent vie dans plusieurs communautés du Québec grâce au travail de nombreux organismes et individus qui œuvrent chaque jour, depuis des décennies, pour faciliter l’accès aux livres et faire rayonner le plaisir de la lecture.

Au cours de l’été, les partenaires ont testé avec succès la mise en place et le fonctionnement de neuf Croque-livres grâce à la collaboration d’organismes communautaires situés dans la grande région de Montréal (Hochelaga-Maisonneuve, Rosemont), Laval, Vaudreuil-Soulanges et Sainte-Marthe. Ces premiers Croque-livres ont connu un vif succès.

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À mes amis écrivains: les conseils de création de Robert Lalonde

Vendredi dernier, Fifille et moi avons fait une belle escapade aux Correspondances d’Eastman dans les Cantons de l’Est. Nous avons notamment eu le privilège d’assister à la classe de maître d’un géant de la littérature québécoise: Robert Lalonde.

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Fifille et Robert Lalonde dans la salle de conférence du Spa Eastman.

Si vous aimez écrire, je vous invite à méditer ces considérations de Lalonde en matière de création littéraire (en gardant bien évidemment en tête qu’elles sont humblement issues de nos notes de cours forcément incomplètes et imparfaites):

On ne doit pas avoir trop de loisirs quand on s’engage à une publication.

Il y a autant de disciplines de travail qu’il y a d’écrivains. Pour travailler, il faut une routine, une discipline de travail qui nous plaise.

Je garde une page d’une vingtaine de pages que j’écris chaque jour. Il faut développer un shit detector. Si on peine sur une page, c’est bon à rien. Si ce n’est pas bon, on coupe! Quelqu’un en nous sait que ce n’est pas ça. La difficulté à enlever le matériel qui n’est pas bon, c’est un problème qu’il faut absolument régler.

Un écrivain, c’est une personne qui se questionne. Écrire, c’est être témoin de quelque chose et non savoir comment ça fonctionne. Écrire, c’est voir, c’est écouter autour de nous.

Il importe d’obéir à ce qui vient tout en respectant l’idée de départ.

Il importe de nous surprendre nous-même quand on écrit. Il faut laisser le lecteur la patte en l’air au lieu de chercher à conclure son récit.

Un roman est toujours plus que le résumé de son intrigue. Dans l’anecdote d’un roman, il n’y a pas grand chose. « A novel is never what it is about. », affirmait Graham Green.

Nos lecteurs ont du vécu… On oublie quand on écrit que les gens savent… Leur dire des choses qu’ils savent, c’est plate. Il faut faire confiance à nos lecteurs qui ont automatiquement des images. Il importe de pas tenir la main de notre lecteur, de ne pas tout lui expliquer pour ne pas l’exclure de son univers. Arrêtez-vous avant d’expliquer! Dès que ces phrases viennent… stop!

L’écriture de la fiction a beaucoup à voir avec le mystère. Les gens lisent de la fiction pour prendre part à quelque chose de mystérieux…

N’attendez pas d’avoir le temps d’écrire. Mentez pour trouver du temps pour écrire! Ça me fait plaisir de quitter un endroit ennuyant pour écrire. Pour écrire, il faut être délinquant. Je suis un extraordinaire menteur pour trouver du temps pour travailler. Souvent je me pousse, je sacre le camp.

Ne pas faire lire vos trucs à des gens pendant que vous travaillez. Murder. Restez dans votre monde.

Un livre est fini seulement lorsque rien ne peut être ajouté selon nous et non selon les autres [notes de Fifille].

Écrire un roman, c’est se mettre soi-même dans un piège et tenter de s’en sortir.

Il faut toujours se méfier du pathos.

Je suis satisfait si j’ai réussi à faire plus et autrement ce que j’avais en tête.

Un plan? Je prends une centaine de pages de notes. Mais le vrai plan, c’est l’émotion de départ.

Ne surtout pas se prendre au piège de faire comme il faut. L’écriture et la bonne maîtrise du français écrit sont deux choses très différentes. Un jeune enfant peut très bien écrire un texte très intéressant de 200 pages avec beaucoup d’erreurs et un élève de cégep peut écrire un texte sans fautes mais pourri! [notes de Fifille qui interprète les propos de Lalonde à partir de son expérience.]

On n’aime pas qui on est. On n’aime pas plus ce qu’on écrit… À la fin, on se dit Tout ça pour ça. J’ai travaillé deux ans pour ces 140 pages. Y a rien que moi que ça intéresse. Si on a peu d’estime pour notre travail fini, ce qui est intéressant, c’est de travailler.

***

Chers lecteurs, profitez bien de l’été qui s’achève. Pour ma part, j’étire le plaisir en plongeant dans le plus récent ouvrage de Robert Lalonde…

LALONDE, Robert. À l’état sauvage, Boréal, Montréal, 2015, 162 pages.  ISBN: 978-2-7646-2376-3

N’oubliez pas de partager les textes que vous appréciez. C’est la meilleure façon de m’aider à bâtir une communauté de lecteurs!

AOÛT / La mort, l’amour, la vie en 3 extraits choisis par Aïcha

Chaque mois, je vous propose une incursion dans ma bibliothèque en espérant vous communiquer ma passion pour la littérature!

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La mort

«Tit-Ange le trouva mort, le petit oiseau, sur la dernière marche de l’escalier. Même si elle ne le connaissait que depuis deux jours, elle éprouva un chagrin cruel, précis, et violent. Elle s’accroupit, approcha sa main, toucha le ventre de l’oiseau. Il était tiède et tendre, on aurait dit de la mie de pain.

– Papa!

Elle l’entendit poser tout de suite le gros dictionnaire sur la table et s’approcher d’elle, de la véranda et de l’oiseau, d’un pas pressé : « S’il se dépêche, c’est à cause de ce tremblement dans ma voix. Je l’ai de plus en plus souvent, ce petit chevrotement-là, et ça l’inquiète», songea-Tit-Ange.

Il ouvrit la porte-moustiquaire, s’appuya au chambranle et fixa sur l’oiseau mort des yeux résolument tranquilles. Au bout d’un moment, sa mèche grise glissa doucement sur son front. «On dirait la queue d’une vieille petite bête qui nicherait sur sa tête» imagina Tit-Ange, à qui cette évocation fit plus de mal encore que la mort de l’oiseau.

-C’est un sizerin flammé. Ou pourpré.

Il avait dit ça d’une voix fatiguée, qui se voulait scientifique, détachée. Tit-Ange se releva et vint lui prendre le bras. Comme toujours, ce qui lui faisait peur, à elle, l’effrayait lui plus encore, et c’est Tit-Ange qui consolerait son père d’avoir mal à cause d’elle et de son oiseau. »

Robert Lalonde, Où vont les sizerins flammés en été

L’amour

«Des années après la guerre, après les mariages, les enfants, les divorces, les livres, il était venu à Paris avec sa femme. Il lui avait téléphoné. C’est moi. Elle l’avait reconnu dès la voix. Il avait dit : c’est moi. Je voulais seulement entendre votre voix. Elle avait dit: C’est moi, bonjour. Il était intimidé, il avait peur comme avant. Sa voix tremblait tout à coup. Et avec le tremblement, tout à coup, elle avait retrouvé l’accent de la Chine. Il savait qu’elle avait commencé à écrire des livres, il l’avait su par la mère qu’il avait revu à Saigon. Et aussi pour le petit frère, qu’il avait été triste pour elle. Et puis il n’avait plus su quoi lui dire. Et puis il le lui avait dit. Il lui avait dit que c’était comme avant, qu’il l’aimait encore, qu’il ne pourrait jamais cesser de l’aimer, qu’il l’aimerait jusqu’à sa mort.»

Marguerite Duras, L’amant

La vie

«De plus en plus, on se représente la nature comme ce qui est «là-dehors», peut-être dans les parcs ou de petits coins de verdure, mais pas dans le fossé au bout de la rue, et dans des lieux qui ne sont le plus souvent accessibles qu’en voiture. La génération d’enfants actuelle est l’une des plus déconnectées de la nature à ce jour dans notre histoire. Nos enfants savent utiliser une souris d’ordinateur, mais n’en ont peut-être jamais vu une à l’état sauvage. Ils ont sans doute entendu parler des changements climatiques et des espèces menacées, mais sont probablement incapables de nommer ne serait-ce que quelques plantes indigènes de leur voisinage.

Aujourd’hui, comme le dit Louv, un enfant peut vraisemblablement vous parler de la forêt tropicale d’Amazonie, mais pas de la dernière fois qu’il ou elle a exploré le bois en solitaire ou s’est rendu dans un champ pour écouter le vent et regarder défiler les nuages.

Certains balaieront peut-être du revers de la main ces réflexions les jugeant nostalgiques ou sentimentales, mais si notre expérience directe de la nature est limitée, notre lien affectif l’est aussi avec les milieux qui, en fin de compte, nous gardent en vie. »

David Suzuki, L’équilibre sacré