Entre! Et fais comme chez toi!

« L’hospitalité est la vertu d’une belle âme qui tient à tout

l’univers par les liens de l’humanité. « 


Francis Bacon, Essais, 1625

Parmi les expériences les plus désagréables qu’on puisse vivre dans la vie : se cogner le nez à une porte fermée, au sens propre comme au sens figuré. Particulièrement au figuré. Mise à pied brutale, candidature rejetée, congédiement amoureux, refus catégorique, réplique cinglante, décision irrévocable, virage à 180 degrés. Nous avons tous déjà reçu un verdict sans appel.

« J’ai changé d’idée, dira-t-il. C’est comme ça. Je ne te donne pas le choix. »

Tristesse. Colère. Déception. Sentiment d’impuissance.

Et incrédulité.

On tombe littéralement des nues.

Quoi? Mais comment est-ce possible? J’ai fait tout ce chemin, j’ai investi tous ces efforts, j’ai nourri tous ces espoirs strictement pour rien?

Oui madame.

Il faut du temps pour se remettre. Dans certains cas, on ne se remet jamais entièrement. On apprend juste à « vivre avec ». À « faire avec ». À notre personnalité s’ajoute une nouvelle couleur ou dimension: la mélancolie. À moins que ce soit une ombre. Une ombre au tableau de notre vie ; un rejet qu’on n’a jamais vraiment avalé.

Heureusement, au sommet des expériences les plus agréables qu’on puisse vivre se trouve une chose absolument essentielle :

l’accueil.

C’est à ça que j’ai pensé longuement en me réveillant ce matin.  À l’accueil. Sous toutes ses formes. J’ai pensé… Il n’y a pas grand chose de plus beau et de plus grand que l’expérience humaine de l’accueil.

Un sourire, un clin d’oeil complice, un geste tendre, une oreille attentive, un regard doux, un coup de main, une facture qu’on nous dérobe pour faire plaisir, un silence enveloppant, une invitation spontanée!

Entre! Mais entre, voyons! Ici, tu es toujours la bienvenue! Le frigo est plein! Tu prends ce que tu veux. 

Ce matin, en me réveillant, j’ai eu envie de remercier toutes les personnes qui, comme autant de portes ouvertes dans ma vie, m’ont tout simplement accueillie avec confiance.

Aimer, c’est quelque chose comme…

tu es chez toi chez moi

Carnet d’écrivain

« J’ai déjà lu, je ne sais où, qu’à ceux qui lui demandaient comment
il faisait pour trouver sa musique, Jean-Sébastien Bach
répondait que l’important n’était pas tant de la trouver que de
ne pas la piétiner en sautant du lit le matin. »

Francine Chicoine

 

« Ne crains pas les courbes ni les tournants. Ils te mèneront vers un nouvel Orient, là où le soleil se lève. », m’a écrit papa, en juin dernier. ! « La rivière contourne les obstacles en méandres. Ça fait aussi sa beauté. »

Ne crains rien, je suis là.

L’expérience humaine ne serait-elle pas, au final, d’une désarmante simplicité: un être qu’on aime, un proche, une maman, une amie, un amoureux, des collègues et des amis bienveillants qui te surprennent un jour; ils sont là, tout bonnement présents au moment où ça compte. Ça passe par un mot, un regard, un geste. Ou un sourire.

Parfois, le courant passe à travers le tout petit fil d’un instant. Un éclat de rire. Un silence complice. Une marque d’affection, de confiance ou de reconnaissance qu’on n’attendait pas. Ta coiffeuse te prépare un bon café bien chaud. Des amis prennent ta facture en catimini. Une étudiante se confie.

D’autres fois, l’amour est ce géant qui te prend, te chavire et te soulève avec force.

« Tu as fait toute cette route pour venir me dire adieu! » s’est exclamé papi Raoul en m’ouvrant largement ses bras de son lit d’hôpital, deux ou trois jours avant de mourir. Une dernière vraie rencontre pleine de tendresse. Les grands bras en croix de papi Raoul qui t’enlacent pour la toute dernière fois. Papi qui t’embrasse et embrasse sa fin de vie en même temps. C’est pas tous les jours qu’on vit ça.

Cette semaine, je ne sais pas pourquoi, j’ai repensé à de mon enseignante de 5e année. À L’Assomption, d’autres que moi s’en souviennent sûrement aussi.

Elle s’appelait Reina Lacombe.

Reina, si je me souviens d’elle, c’est parce qu’elle nous enseignait avec coeur.

Rien que ça. Aussi simple que ça.

Pédagogie de l’amour.

 

Devenir une enseignante plus « alternative », en 2017, peut-être que ça pourrait vouloir dire ça…

Enseigner avec plus d’amour.

 

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Séparation / Divorce Mémoire blessée, mémoire qui efface?

Dans un ouvrage intitulé Aimer, perdre et grandir (éditions Novalis, 2004), Jean Montbourquette, prêtre oblat et psychologue spécialiste du deuil, présente les similitudes et les différences entre …

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Séparation / Divorce Mémoire blessée, mémoire qui efface?

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Photographie : Frans Van Dun

Dans un ouvrage intitulé Aimer, perdre et grandir (éditions Novalis, 2004), Jean Montbourquette, prêtre oblat et psychologue spécialiste du deuil, présente les similitudes et les différences entre la perte d’un être aimé que la mort a emporté et la perte d’un être vivant vécue par divorce ou séparation. Dans les deux cas, la perte cause une profonde fracture dont on ne se remet pas aisément. Il en faut du temps pour cicatriser les plaies vives d’un deuil.

Si le décès crée une perte cruelle, définitive et irréversible, explique Montbourquette, le divorce – particulièrement s’il implique des enfants – force les ex-époux à se voir, les force à communiquer et à négocier malgré la colère qui gronde ou la tristesse qui les habite toujours et les transactions se multiplient en dépit de ce besoin viscéral qui s’impose en situation de crise amoureuse : prendre ses distances, voire couper franchement les ponts avec l’autre, cet ex qu’on tient responsable de tous les maux.

Faire équipe pour les enfants, quand la seule chose qu’on voudrait c’est tirer un trait définitif sur le passé, repartir à zéro, « refaire » sa vie avec quelqu’un d’autre quand on est habité par un besoin impérieux de voir son ex s’éclipser à tout jamais, c’est tout un contrat. Il faut pourtant s’y atteler, car rejeter son ex-conjoint, le diaboliser ou le critiquer indûment, caricaturer ses années de mariage en ne retenant que le négatif, se représenter tout le passé conjugal comme une sorte de « Grande Noirceur », ça revient à nier l’autre, à nier les années d’union, y compris dans leurs dimensions joyeuses et positives dont les interactions communes avec les enfants ont fait partie.

Montbourquette écrit qu’à la mort d’un conjoint, « on a tendance à idéaliser les qualités du défunt ainsi que les beaux moments vécus ensemble », alors qu’après une séparation, on est plutôt porté, au contraire, à « surfaire les défauts de l’ex et à se remémorer les moments pénibles de la vie commune » (Aimer, perdre et grandir, p.19). Voilà qui est intéressant. Amplifier les défauts de l’autre, formuler des critiques et des reproches à n’en plus finir, monter le ton, durcir la voix, ruminer de sombres souvenirs s’avère donc un réflexe normal ; sortant d’une séparation douloureuse, on a la mémoire blessée. Gravement blessée.

Ceci dit, le danger, me semble-t-il, c’est d’en arriver à faire son nouveau nid dans une sorte de mépris du passé. Le danger, c’est de feuilleter strictement les pages noires des années partagées au point d’en oublier les pages honorables et les souvenirs heureux. Au point d’avoir honte de ce que l’on a été. Le danger, s’il en est un, quand la mémoire blessée nous aveugle, quand elle sape en nous toute forme de bienveillance ou de gratitude envers notre ex-partenaire de vie qui reste pourtant le co-parent de nos enfants, le danger quand la mémoire blessée prend toute la place, c’est le reniement de soi. Impossible alors -et c’est là un bien étrange paradoxe -d’aller de l’avant, d’avancer comme on l’espère tant. Nous voilà ralentis, fragilisés parce qu’affublés de ce qu’on pourrait  désigner comme une « part manquante » (l’expression est de Christian Bobin) en soi, c’est-à-dire au coeur de notre identité.

On s’entend pour dire qu’il importe d’offrir une famille aux enfants malgré la séparation. Après tout, ils n’y sont pour rien et ont besoin, pour grandir en paix, que leurs parents se concertent, coopèrent et retrouvent l’équilibre. Comment y parvenir? Ce n’est pas une mince affaire quand on constate que chaque interaction entre les parents « a pour effet de raviver la plaie qui était en train de cicatriser » (Aimer, perdre et grandir, p. 18).

L’historien Éric Bédard, récemment interrogé dans le cadre de l’émission Église en sortie sur le thème de la guérison de la mémoire m’a lancée, sans le savoir, sur une piste de réponse. Dans l’entretien auquel je fais référence, la réflexion de l’historien n’a rien à voir avec les suites d’un divorce. Enfin si, mais indirectement (ou symboliquement?) et d’un point de vue collectif plutôt qu’individuel, car le « divorce » dont il est question, celui des Québécois avec l’Église catholique, a lui aussi engendré une sérieuse « fracture ». Lorsque l’animateur d’Église en sortie, Francis Denis, demande à Éric Bédard « Comment sortir de l’impasse [dans laquelle les Québécois se trouvent]? », voici la réponse que l’historien fournit :

 » Pour sortir de l’impasse, il faut se donner le droit d’inventaire. Si on veut avoir un rapport plus sain avec le passé – notamment catholique- il faut savoir distinguer le bon grain de l’ivraie et reconnaître qu’il y a une part sombre mais qu’il y a peut-être une part lumineuse [dans notre héritage catholique ] et qu’elle peut nous inspirer aujourd’hui.  »  (Église en sortie, 23 septembre 2016)

Je ne veux surtout pas dénaturer les propos d’Éric Bédard, mais il me semble que l’ensemble de sa réflexion sur le rapport des Québécois à leur passé catholique se transpose dans la sphère privée et peut, dans un tout autre contexte qui est celui d’une fracture entre deux ex-époux, alimenter notre réflexion de parents. Ainsi, après l’avoir écouté, il me paraît d’autant plus indispensable, si l’on souhaite faire équipe avec notre ex-conjoint dans l’éducation des enfants, de travailler à bâtir une « mémoire renouvelée » en prenant conscience du besoin de continuité des enfants.

On l’a compris, une « mémoire blessée » empêche de voir le positif. Elle efface les souvenirs heureux passés ou du moins réduit l’accès aux pages lumineuses de la famille unie que nous formions avant la séparation. Or pour se forger une identité solide, les enfants doivent connaître et assumer leurs racines, comprendre leur héritage et surtout avoir facilement accès aux pages heureuses de leur histoire familiale. Ils doivent pouvoir parler librement du passé en présence de leurs deux parents (pas seulement en alternance avec l’un, puis avec l’autre) et questionner sans peur l’époque où leurs parents formaient un couple heureux. Je me souviens avoir reçu, peu de temps après ma séparation, une question fort touchante qui allait en ce sens : « Maman, je sais que papa et toi vous n’êtes plus des amoureux… Mais est-ce que quand vous m’avez fait, vous vous aimiez?  » Autrement dit, suis-je un enfant désiré et conçu dans l’amour? Question légitime, s’il en est une…

En terminant, je reviens à la réflexion d’Éric Bédard (source d’inspiration de cet article) qui nous explique qu’on peut rejeter le passé, qu’on peut l’interroger mais qu’on peut aussi procéder à un inventaire de notre héritage passé en visant l’équilibre entre les pages sombres et les pages honorables.

C’est à partir de ce nouvel inventaire qu’on peut espérer réparer la fracture d’un divorce, envisager une suite à notre famille pour le bonheur de nos enfants, mais aussi et surtout pour nous-même. Car l’harmonie intérieure passe par la conscience d’une certaine continuité.

***

N.B. Vous aurez compris, chers lecteurs, que je n’ai pas voulu m’approprier les idées d’Éric Bédard sur la guérison de la mémoire. J’ai simplement tenté de les intégrer en me demandant si sa réflexion pouvait nourrir le cheminement de parents qui, comme moi, travaillent à guérir leur  » mémoire blessée ».  C’est pourquoi je vous invite à écouter l’entretien qu’il a donné à l’émission Église en sortie. Vous serez à même de rendre à César ce qui appartient à César.

Au plaisir d’en discuter avec vous!

Aïcha

Reférences

MONTBOURQUETTE, Jean. Aimer, perdre et grandir, éditions Novalis, Montréal, 2004, 165 pages.

BÉDARD, Éric. Entretien sur l’histoire de l’Église catholique au Québec, troisième partie de l’émission Église en sortie, épisode du 23 septembre 2016.

https://www.youtube.com/watch?v=A6mtSnRalu8

Lettre ouverte à mes enfants

Mes ADOrables,

 

Les années passent et je vous regarde aller avec la plus grande satisfaction!

Fiston, tu as fait ton entrée à l’école secondaire la tête haute, confiant et décidé à réussir.

Fifille, tu continues de rayonner à l’école alternative où tu nages comme un poisson dans l’eau, entourée d’amis et d’adultes sincères et animés de projets stimulants. Tu te prépares aussi à prendre le grand virage de l’école secondaire. Tu y es presque!

J’ai cette chance inouïe d’avoir des enfants épanouis, intelligents et en bonne santé.

Je suis choyée. Gratitude.

Mais je vais vous dire mes beaux trésors, j’ai surtout la chance d’avoir des enfants qui se taquinent et jouent ensemble, s’entraident et s’encouragent.

J’ai la chance d’avoir des enfants qui s’aiment.

Je reprends ici les paroles d’une chanson d’Yves Duteil que j’aime beaucoup:

Je vous aime

De vous aimer si fort

D’être tout à la fois

Et la soif et la source

Votre amour m’éclabousse

Et m’entraîne avec lui

Dans vos îles aux trésors

 

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Ce que j’ai envie de vous dire ce matin, c’est qu’il n’y a pas plus beau cadeau pour un parent que de voir ses enfants s’aimer.

 

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Chaque fois que vous riez ensemble, complices

Chaque fois que l’un de vous offre son aide à l’autre

Chaque fois que vous vous montrez solidaires dans les moments difficiles ou que vous vous défendez l’un l’autre

Chaque fois que vous vous concertez en secret pour m’adresser une demande avec plus de force

Chaque fois que vous choisissez le pardon plutôt que la rancune ou la colère durable

Chaque fois que l’un demande conseil à l’autre

Chaque fois que l’un conseille l’autre

Chaque fois que vous vous chamaillez gentiment

Chaque fois que vous vous concertez pour me faire… une surprise (un petit déjeuner au lit ou un massage à quatre mains)!

Chaque fois que vous vous encouragez dans vos loisirs

Chaque fois que vous célébrez vos réussites mutuelles,

Chaque fois que vous vous soutenez dans les moments de peine, d’impuissance ou de déception

Chaque fois

C’est le plus beau et le plus universel des cadeaux.

Je vous souhaite de garder cette relation tendre et vivante pour toujours; elle vous protégera de la solitude, de la peur et des coups durs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dix bonnes raisons de remercier les entraîneurs de nos enfants

 

Il y a du plaisir à rencontrer les yeux de celui à qui l’on vient de donner. 

Jean La Bruyère 

L’été tire à sa fin, la rentrée scolaire bat son plein, le moment est venu de tourner la page sur les vacances et les belles activités estivales de nos enfants. Bien souvent, ces activités se terminent par une petite rencontre amicale autour d’un léger repas, d’une crème glacée, d’un feu de camp ou d’une piscine. C’est l’occasion de se dire au revoir, mais surtout de remercier tous ces parents-entraîneurs qui, de près ou de loin, se sont engagés sans compter auprès de nos enfants.

Cette année, fifille a choisi le soccer et fiston le baseball. Comme vous, j’en ai passé des heures à les conduire à leurs pratiques ou à leurs matchs (les terrains n’étaient pas toujours à la porte et des soirées entières y sont passées), à les encourager dans les meilleurs… et les moins bons moments, tantôt sous un soleil de plomb, tantôt sous la pluie.  Les conditions météo n’étaient pas toujours optimales…

les-entraineurs14086414_10154007592574037_5293058758556325647_oÀ l’arrière-plan, nos parents-entraîneurs veillent au grain         Photo : Caroline Mireault

Comme toujours, j’en ai retiré de la fierté, beaucoup de plaisir, ET en même temps… je dois avouer qu’il m’est arrivé de trouver ça demandant de les accompagner. Alors quand je pense à toutes ces heures investies bénévolement par les entraîneurs de mes enfants (et leurs précieux assistants), une bouffée de gratitude m’envahit. C’est bien simple, si j’en avais les moyens, je leur offrirais une semaine de vacances pour la destination de leur choix! Vous conviendrez avec moi qu’un tel répit serait largement mérité! Or les entraîneurs se contentent le plus souvent d’une chaleureuse poignée de main…

Je ne sais pas ce qui motive ces indispensables bénévoles, hommes ou femmes, jeunes et moins jeunes. L’envie  de tisser des liens? De transmettre des connaissances? De redonner aux jeunes ce qu’ils ont reçu de leurs propres entraîneurs?

 Quoi d’autre?

Prenons-nous seulement le temps de découvrir ce qui les incite à s’impliquer avec autant de générosité?

En cette fin de saison, j’aimerais remercier tout spécialement François Paquin, coach de baseball et ses précieux assistants: Jean-François, Daniel et Stéphane.

Ma reconnaissance va également à Sébastien St-Amant, coach de soccer et à ses deux bras droits : Éric et Isabelle.

Grâce à vous, mes enfants…

  1. … se sont bien amusés cet été
  2. … ont fait des apprentissages techniques
  3. … ont développé leur esprit d’équipe
  4. … ont tissé de belles amitiés
  5. … ont appris à perdre et à gagner, toujours la tête haute
  6. … ont forgé leur caractère
  7. … ont testé leurs limites
  8. … ont passé moins de temps devant les maudits écrans
  9. … ont encouragé les commerces de crème glacée
  10. … ont des chances de devenir entraîneurs à leur tour!

Pour toutes ces raisons, je vous REMERCIE.

Vos valeurs de gratuité et de responsabilité me touchent.

Et votre sens de l’engagement m’inspire.

Une communauté vivante est une communauté qui grouille de bénévoles.

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Les Jays de L’Assomption et leur équipe d’entraîneurs à l’issue des championnats provinciaux     Photo: Aïcha Van Dun

***

L’action bénévole en chiffres

Sur le site du Réseau de l’Action Bénévole du Québec  (www.rabq.ca ), on trouve toutes sortes de statistiques impressionnantes, dont celles-ci:

  • Annuellement au Québec (cette statistique remonte à 2010), plus de 2,4 millions de Québécois âgés de 15 ans et plus réalisent du bénévolat. 
  • Les bénévoles québécois ont contribué, au cours de l’année 2009, pour 385 millions d’heures auprès d’organismes de différents secteurs ; culture et loisirs, services sociaux, santé, religion, environnement et développement, etc.
  • Une estimation de la valeur des heures de bénévolat réalisées au Québec et qui seraient rémunérées au salaire moyen versé au sein des organismes communautaires  représenterait 7 milliards de dollars.

 

Amis lecteurs, je vous invite à envoyer cet article à vos entraîneurs, en guise de reconnaissance. La gratification fait toujours chaud au coeur, sans compter qu’elle incite les bénévoles à poursuivre leur implication!

JUIN / La mort, l’amour, la vie en 3 extraits choisis par Aïcha

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La mort

«Et dans la cohorte des hommes qui m’entourent se trouvent les médecins, les savants de la santé qui se chargent de mon sexe si généreux de lui-même, qui se donne à la science et aux appareils gynécologiques avec la même légèreté que partout ailleurs, dans le lit avec les clients, geignant sur un divan ou encore me dandinant sur les genoux des professeurs, moi nue sur le dos et regardant le plafond, les jambes ouvertes, les pieds dans leur support en fer blanc, moi presque nue et attendant qu’on s’occupe enfin de moi, de mon cas de folle infectée, et ensuite la gelée, les gants et la froideur de l’inspection, le grattoir et le mot du médecin qui fera apparaître ce qu’il en est de cet endroit que je ne peux imaginer qu’à travers ce qu’en montrent les revues médicales, et là on me dit que tout semble en ordre, que le col de l’utérus ne présente pas d’anomalies, qu’il est peut-être un peu rouge mais sans plus, et ensuite on me demande combien de clients je vois chaque jour, six ou sept, ça dépend des jours et de mon humeur, de ma précieuse endurance à ce qui est contraire à l’instinct, et on me dit que j’aurai les résultats dans une semaine, qu’on me téléphonera si les tests sont positifs et qu’il faudra se revoir dans trois mois, et peut-être croyez-vous que j’en suis soulagée, de la normalité de ma fente de putain qui n’est que légèrement surmenée, les rougeurs en témoignent, eh bien non car à la fin de chaque rendez-vous je demande de bien répéter ce qu’on vient de me dire, soyez honnête monsieur le docteur, comment est-il possible que je sois normale alors que je m’évertue à déclarer que je suis en train de mourir […]. »

Nelly Arcand, Putain, p. 138.

 

L’amour

«Être un homme, être une femme, avoir des enfants : on sait déjà tous que ce ne sera plus jamais comme avant, que nous vivons sur ces enjeux des changements formidables, aussi importants pour l’histoire humaine que n’importe quelle révolution sanglante.»

Nicolas Lévesque, Le Québec vers l’âge adulte, p. 97.

 

La vie 

«On écrit peut-être pour recomposer en soi les morceaux de beauté que l’on a perdus le long de cette histoire de rêves et de chutes, de passages et de soifs qu’est notre vie.

On écrit peut-être pour toucher à cette furie d’éternité qui nous hante, pour retrouver la beauté des ciels que l’on habite, des mers que l’on traverse, pour retrouver les promesses d’enfant que l’on porte comme des châteaux rasés, reconstruits chaque fois dans l’espérance que ce que l’on édifie ainsi tienne bon, une seule fois peut-être. »

Hélène Dorion, Le temps du paysage, p. 20.

 

 

 

Projet de parrainage d’une famille syrienne à L’Assomption

Après 18 ans d’enseignement, il arrive encore que des collègues de longues date me surprennent!!! Cet hiver, Ariel Franco, professeur de mathématiques d’origine urugoyenne, a lancé un formidable projet de parrainage d’une famille syrienne. Je lui lève mon chapeau!

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Félix Tremblay des Éveilleurs de conscience, Amel Haroud du SAFIMA et Ariel Franco, enseignant de mathématiques au CRLA

Par sa détermination et son enthousiasme contagieux, Ariel a su mobiliser toute notre communauté collégiale dans ce projet un peu fou d’accueil d’une famille syrienne à L’Assomption.

Le projet est mené en collaboration avec l’organisme communautaire SAFIMA qui offre un service d’aide à la famille immigrante de la MRC de L’Assomption dirigé par Mme Amel Haroud.

Ce matin, lors de la conférence de presse, Félix Tremblay, étudiant du CRLA et membre du groupe des Éveilleurs de conscience, nous a livré un texte très touchant sur lequel je vais tenter de mettre la main afin de vous le partager!

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En attendant, je vous invite tous à vous engager solidairement dans cette cause! L’objectif à atteindre le plus rapidement possible est de 21 600 $. Toute la communauté est sollicitée! Vous pouvez me remettre votre don en argent comptant (s’il s’agit d’un tout petit montant – tous les dons sont les bienvenus!) ou par chèque au nom de SAFIMA, je vais ramasser de petites sommes au cours des prochaines semaines, c’est ma façon de contribuer au projet.

Vous pouvez aussi vous adresser directement à Mme Amel Haroud, la coordonnatrice de SAFIMA en passant par le site web de l’organisme : http://www.safima.ca

Soyons généreux! C’est une belle façon de nous mettre « au service de ceux qui subissent l’Histoire», selon la belle expression de Camus!

Bon été!